« Je suis frappée par le dégoût des citoyens. Nul n'est venu leur proposer quoi que ce soit, le moindre programme, la moindre idée. Ils ont le sentiment d'avoir été pris pour acquis. C'est presque comme s'ils n'avaient pas voix au chapitre », affirme Dala, en allusion aux querelles d'influence partisanes. « Mais c'est aussi notre faute, nous, citoyens. C'est notre désintérêt qui finit par nous aliéner », dit-elle. « La démocratie, c'est avant tout d'avoir le choix en définitif, de proposer un choix au citoyen. J'ai décidé de poser ma candidature en novembre, et, malgré tout, je ne veux pas me résigner, me soumettre. Je veux me mettre au service de ma ville et je pense que chacun peut effectuer un changement à son niveau, et apporter un peu de magie à la brutalité ambiante. La municipalité peut réellement changer la vie d'un citoyen, et le visage d'une ville en six ans », ajoute Dala.
Or c'est justement par amour pour « sa » ville, Beyrouth, que Dala Ghandour a décidé de se mobiliser. Dans son programme, un seul souci : l'espace public, celui de la Cité. Aussi propose-t-elle, entre autres, la mise en place d'un plan d'urbanisme qui prenne en considération le patrimoine et la mémoire de la ville, ou encore la préservation des vieilles demeures et de ce qui reste comme jardins publics, la création de parkings et d'espaces publics de rencontre pour recréer le tissu social interbeyrouthin... « La plupart des Beyrouthins vivent désormais hors de leur ville. Cela a un impact considérable sur leur identité, leur structure de pensée, leur comportement. Beyrouth est la ville du pluralisme et de l'ouverture. Elle risque de ne plus l'être. Si nous ne réagissons pas, elle risque de mourir. »
Dala Ghandour ira seule, dimanche, se battre contre des partis, fière de son indépendance, au service de la chose publique, par principe. En attendant de se lancer, dès lundi, dans une nouvelle aventure : la création d'une association pour la défense du patrimoine de sa passion, « sa » ville, Beyrouth.


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