Dans une interview à l'agence al-Markaziya, M. Geagea a affirmé que le 14 Mars et le chef du gouvernement accordent de l'importance aux revendications syndicales, mais il a souligné que les « fédérations ouvrières qui s'activent actuellement et tiennent des conférences de presse sont dans leur majorité des fédérations fictives ».
« Ceux qui sont descendus dans la rue aujourd'hui dépassent à peine quelques centaines de personnes et, dans d'autres endroits, ils ne se comptaient que par dizaines ou même moins », a-t-il dit, estimant que l'action menée hier, notamment les pneus brûlés et les routes coupées, « n'a rien à voir avec l'esprit syndical ».
« Certaines des figures de proue de ce mouvement sont liées à des groupes politiques présents au sein du Conseil des ministres. Ont-elles formulé leurs revendications par le biais de leurs représentants pour qu'il en soit discuté à la table du Conseil ? Bien sûr que non », a-t-il noté.
M. Geagea a, en revanche, salué « les autres fédérations syndicales, celles qui n'ont pas participé à la grève et aux manifestations » et qui, selon lui, « entreprennent des démarches sérieuses auprès des responsables, mais de manière démocratique et civilisée, afin d'obtenir ce qu'elles peuvent au niveau des revendications ».
« Animés d'arrière-pensées politiques, certains ont préféré descendre dans la rue, rompre l'ordre public, fermer les routes et brûler des pneus. Sachant que leurs revendications ne sont pas nouvelles et que le gouvernement en est encore à ses débuts, que s'est-il donc passé pour qu'ils en arrivent à ces extrémités ? » s'est-il interrogé.
Rejetant les « surenchères » en matière sociale, le leader des FL a affirmé que « certaines parties cherchent à exercer des pressions pour des considérations politiques et non pas pour satisfaire des revendications ». « On les connaît bien ceux qui exploitent cette question pour titiller le gouvernement, alors même qu'ils y sont, hélas, représentés », a-t-il dit.
Au sujet des élections municipales, M. Geagea s'est félicité de l'accord intervenu à Saïda, soulignant qu'il s'agit certes d'un consensus, « mais d'un consensus qui, dans le même temps, reflète les résultats des élections législatives » de 2009.
Il a indiqué qu'un accord reste possible à Beyrouth avec le CPL, « si la réalité sur le terrain est prise en compte ». « Si les propositions du CPL sont raisonnables et acceptables, alors ils (les candidats CPL) seront cent fois les bienvenus », a-t-il dit.
Au sujet du Metn, M. Geagea a indiqué que les considérations familiales et locales pèsent de tout leur poids dans beaucoup de municipalités. « Ainsi, a-t-il dit, dans certains endroits, nous sommes alliés aux Kataëb et à Michel Murr, alors qu'ailleurs, on retrouvera une partie des FL alliée à une partie des Kataëb contre une autre partie des FL et des Kataëb alliée au CPL. »
Interrogé sur la participation des FL à la célébration organisée récemment au BIEL par l'ambassade de Syrie, M. Geagea a noté qu'il « s'agit d'une institution officielle qui organise des célébrations comme toutes les autres ambassades. Nous avons répondu à l'invitation qui nous avait été adressée. Nous avons toujours réclamé que les rapports avec la Syrie soient ainsi ».
En réponse à une question, il a toutefois affirmé qu'il ne visiterait pas Damas avant que le gouvernement libanais n'achève les négociations avec la Syrie sur les dossiers en suspens. « Lorsque ces dossiers seront réglés et les relations normalisées entre les deux États, à ce moment-là je visiterai la Syrie », a-t-il dit.


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