Le quotidien sportif madrilène Marca, qui réclamait avec force sa démission après l'élimination par Lyon en Ligue des champions en mars, était catégorique hier : « Manuel Pellegrini a les deux pieds dehors ».
Même en cas de sacre en Liga, toujours possible avec seulement trois points de retard sur le Barça à sept journées du terme, Pellegrini, arrivé il y a moins d'un an, ne devrait pas pouvoir sauver sa place pour la saison prochaine.
Le nouveau Real « galactique », bâti à coups de millions par le revenant Florentino Perez, roi du BTP en Espagne, a sûrement eu sa dose d'humiliations pour cette saison. Il a été incapable de battre les grosses pointures en Europe (défaite 3-2 à domicile contre l'AC Milan puis 1-1 en Italie, défaite 1-0 à Lyon puis 1-1 à Bernabeu) et s'est fait éliminer pour la sixième fois consécutive en 8e de finale.
Auparavant, le Real s'était fait ridiculiser par un club de D3, Alcorcon, en Coupe du Roi (0-4, 1-0). Enfin, même s'il a la meilleure attaque de la Liga, il a perdu ses deux confrontations face à son ennemi juré, le Barça, ces fameux « Clasico » si importants en Espagne (1-0, 2-0).
« Pas à moi de répondre »
Il est vrai qu'à chaque fois, Pellegrini, loué pour son excellent travail à Villarreal (2004-2009), a été incapable de trouver la réponse, par son « coaching » ou un coup de poker tactique. Contrairement au jeune loup Josep Guardiola, qui fait l'unanimité au Barça depuis deux ans.
Sur un petit nuage après la victoire, Guardiola a néanmoins pris le temps de défendre le bilan comptable de son homologue : « 77 points avec le Real Madrid, le travail de Pellegrini est scandaleusement bon. »
Le Chilien aux cheveux poivre et sel et au regard clair a esquivé les questions sur son avenir hier dans la salle de presse du stade Santiago-Bernabeu : « Ce n'est pas à moi de répondre. »
En revanche, directement concerné par ce dossier, le directeur général du club, Jorge Valdano, s'est contenté de remettre à plus tard l'étude du cas Pellegrini, âgé de 56 ans. « Aujourd'hui, il ne va rien arriver à Pellegrini, nous avons perdu un match, nous n'allons pas entrer dans de plus amples débats », a assuré le bras droit de M. Perez. La presse madrilène a déjà commencé à glisser quelques noms pour alimenter le débat à venir, dont un qui revient avec force, celui de José Mourinho, entraîneur de l'Inter Milan qui n'a jamais caché son très grand intérêt pour la Liga.

