Edgar Élias-Azar recevant un écusson des mains du ministre de la Justice, Ibrahim Najjar. Photo Dalati et Nohra
Edgar Élias-Azar, qui préside un département de justice comprenant plus de 300 magistrats, est d'origine libanaise, et plus précisément de Dhour Choueir, par son père. Il est accompagné d'un groupe de juges et d'avocats parmi ses proches collaborateurs, dont certains également d'origine libanaise. L'ambassadeur du Mexique, Jorge Alvarez Fuentes, était également présent.
La conversation entre M. Azar et le ministre de la Justice a porté sur un ensemble de questions centrées sur l'importance des communautés latino-américaines d'origine libanaise, aussi bien au Mexique que dans d'autres pays d'émigration d'Amérique latine. Cette communauté serait de l'ordre de 8 millions de personnes, mais ces estimations sont approximatives, et le chiffre réel dépend en fait du nombre de générations écoulées après chaque vague d'émigration.
Entre ces Latino-Américains d'origine libanaise et leur parenté au Liban, il existe de nombreux liens qui, dans certaines circonstances - succession, mariages ou divorces, procès, expatriation -, posent des problèmes sinon inextricables, du moins très fastidieux à régler, faute de « passerelles » juridiques et institutionnelles appropriées.
Le ministre de la Justice a donc soulevé cette question avec son interlocuteur et envisagé la conclusion d'une convention d'échanges juridiques et d'extradition. Pour le ministre de la Justice, « il est grand temps de poser les vrais problèmes ».
Apprenant du ministre de la Justice que le chef de l'État doit effectuer une visite officielle au Mexique en septembre, M. Azar a invité M. Najjar à faire partie du voyage, dans l'espoir que certains des projets évoqués pourraient se concrétiser.
Le magistrat mexicain a estimé que les législations libanaise et mexicaine s'inspirent toutes deux du droit français et qu'il existe donc un terrain d'entente juridique préalable qui demande à être développé.
À l'ordre des avocats et au CSM
Par ailleurs, accompagné de M. Jean Fahed, premier président des cours d'appel de Beyrouth, M. Élias-Azar s'est rendu au siège de l'prdre des avocats et au Conseil supérieur de la magistrature, où il a été reçu successivement par la bâtonnière Amal Haddad et par le président du CSM, Ghaleb Ghanem.
Au CSM, M. Azar a donné une conférence dans laquelle il a insisté sur les valeurs communes auxquelles croient les Libanais et les Mexicains, l'importance de l'indépendance de la magistrature, le dynamisme de la diaspora libanaise dans le monde, la grande faculté d'adaptation des Libanais dans les pays qui les accueillent. Le grand magistrat mexicain s'est même laissé aller à des confidences sur la manière dont ses ancêtres ont eu recours au langage universel des signes, avant d'apprendre une langue qu'ils ont fini par s'approprier.
En soirée, la délégation mexicaine a assisté à un dîner donné en son honneur par M. Abdallah Zakhem à l'hôtel Riviera.


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