«Le théâtre contribue à l’éducation des jeunes citoyens», affirme Carl Hallak. (Marwan Assaf)
La bouille ronde, le regard pétillant et une silhouette enrobée qui - sur scène surtout et en salopette de circonstance pour camper un gamin de 13 ans - ne manque pas de rappeler celle du grand Coluche, Carl Hallak a la jovialité du Libanais d'origine qu'il est.
Ce comédien, metteur en scène et auteur français, né de parents libanais, en 1981 à Paris, a toujours vécu en France. Et bien qu'ayant de nombreuses attaches familiales à Beyrouth, «mon père, ma grand-mère, des cousins...», il n'était jamais venu au Liban avant que Georges Zoghbi, de New Horizon, ne le sollicite pour se produire dans 35 kilos d'espoir sur la scène de la salle Montaigne du CCF, ainsi que dans les écoles à Zahlé, Tripoli, Fanar, Beyrouth et Saïda.
Ses premières impressions: «La générosité, le goût de la fête et une chaleur de l'accueil particulière aux Libanais», affirme ce Français qui a été élevé à la «mouloukhieh» et au «kebbé» plutôt qu'au bœuf bourguignon ! Mais aussi «une pensée très émue pour mon grand-père dont j'étais très proche, comme mon personnage dans la pièce, et qui m'a transmis sa sagesse orientale.»
Directeur artistique du Chapiteau de Porchefontaine, à Versailles, dédié à l'accueil et à la production de spectacles de cirque et de théâtre jeune public, ce jeune homme de 28 ans est tombé dans la potion magique du théâtre à l'âge de 8 ans.
«J'ai demandé à ma mère de m'inscrire à un cours de théâtre. En sortant de la première séance, je lui ai dit: je serai comédien plus tard. C'était quelque chose d'évident», dit-il, tout simplement.
Mais plus tard, avant de se consacrer de manière professionnelle à la scène, il devra suivre l'injonction paternelle et décrocher un diplôme, en droit d'auteur !
Formé au théâtre Montansier et au théâtre du Centaure, Carl Hallak trace, depuis une dizaine d'années, son petit bonhomme de chemin sur les planches françaises.
Il a à son actif plusieurs pièces et spectacles musicaux dans le registre jeunesse, dont: Le clown est malade, La machine de Monsieur César, Il était une "foâ" ou encore Une étoile pour Noël...
Ainsi que des pièces tout public, comme Le don d'Adèle de Barillet et Grédy ou Le fils de Christian Rullier, créées par la compagnie Scaramouche, qu'il avait fondée en 2000.
Ce comédien et metteur en scène à la fibre pédagogique développée aime écrire et mettre en scène des pièces pour jeune public, «convaincu de contribuer par ce biais à la formation et l'éducation de jeunes citoyens», dit ce jeune homme doué. Qui a inscrit à son programme des mois prochains, juste après son passage au Festival d'Avignon, un projet de pièce interprétée par des comédiens français et libanais. À suivre donc !
Z.Z.

