Un kebab sur sa broche. Le FFDR-V1004 est le couteau électrique qui découpe la viande automatiquement.Caroline Pankert/AFP
Outre la rapidité, le principal atout de cette machine est l'hygiène : les kebabiers « transpirent beaucoup quand ils coupent la viande parce qu'ils sont près du grill. On résout ce problème, et c'est mieux au final pour le client ». Pour M. Kalyoncu, le robot ne menace pas les emplois car « il faudra toujours des gens » pour faire tourner les snacks kebabs. « C'est plus propre et plus facile. Pourquoi ne pas laisser la machine travailler ? » Et à en juger par l'intérêt qu'a suscité l'engin, des hordes de kebabiers pourraient bientôt faire ce pari en Allemagne.
Contrairement aux idées reçues, le Döner kebab - devenu le snack de prédilection d'étudiants et de noctambules du monde entier - n'est pas né en Turquie, mais à Berlin, en 1971. L'inventeur de ce sandwich est un Turc immigré en Allemagne, Mehmet Aygun, qui eut la bonne idée de fourrer un pain turc de fines tranches de viande agrémentées de salade et arrosées de sauce. Près de 40 ans plus tard, l'Allemagne est toujours la patrie incontestée du kebab. « On compte plus de 15 000 snacks kebabs en Allemagne, employant quelque 74 000 personnes », a souligné Tarkan Tasyumruk, président de l'Association des producteurs turcs de Döners en Europe (ATDID), à l'ouverture du Salon. « Les recettes annuelles en Allemagne s'élèvent à 2,5 milliards d'euros. Ce qui fait de nous un des acteurs les plus importants de la restauration rapide » dans ce pays, et sans doute celui « qui réussit le mieux », a-t-il indiqué. Selon ATDID, plus de 400 tonnes de viande à kebab sont produites chaque jour en Allemagne par quelque 350 entreprises - soit plus de producteurs que dans tout le reste de l'Europe.
Forte de la plus importante communauté turque à l'étranger, la première économie européenne consomme chaque année quelque 400 millions de kebabs, soit cinq par habitant. Devenu au moins aussi populaire que les spécialités nationales comme la « currywurst » (saucisse au curry), le Döner kebab y coûte entre 2,50 et 4 euros. La première édition du Salon Döner-Gastronomie a attiré des entreprises de toute la chaîne de fabrication et de vente de kebabs - fabricants de grills, de réfrigérateurs à viande ou de tenues de kebabiers -, mais aussi des dizaines de journalistes de diverses nationalités. Et même quelques grands noms allemands comme Mercedes-Benz ou l'assureur Allianz, attirés par l'importance de ce marché en Allemagne.
Et pour le déjeuner, les participants ont pu déguster... devinez quoi ? Un kebab tout chaud et fumant, préparé grâce aux bons soins de FFDR-V1004.


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