L’acrylique et l’huile jouent les contrastes entre transparence et intensité des couleurs. (Michel Sayegh)
Un bol d'oxygène
Prix Picasso au Centre culturel hispanique à Beyrouth (1984) et à Madrid (1985), 2nd prix de la Biennale de Lattaquié en Syrie (2001) et 1er prix du Symposium de Dubaï en 2007, l'artiste enseigne à l'Université libanaise des beaux-arts depuis 1984. «Au début, je commence à initier mes élèves à lire les couleurs comme des notes de musique», dit l'artiste qui, après des études à Saint-Pétersbourg, a parachevé son cursus en France. Là, elle va apprendre à faire ressurgir cette âme orientale enfouie en elle, au-delà de toute contrainte académique.
Aujourd'hui, après avoir inondé ses premières œuvres de bouquets fleuris (sorte de rappel de son jardin à Rmeileh qu'elle entretient amoureusement), l'artiste parle d'un expressionnisme moins resserré sur sa toile. En effet, les plages vides de couleurs, macérées et cuisinées, invitent à la contemplation et à l'évasion.
Exigeante et se remettant toujours en question, ses œuvres, alimentées par les épreuves de la vie, reflètent le parcours d'une artiste sincère. Ses teintes chaleureuses et épicées se déclinent en jaune, orangé, ocre rouge ou blanc (dans ses toiles sur le Maroc). En les mélangeant et en les étalant, l'artiste parvient à illustrer cette lumière contenue en elle et ces climats que son œil capte tous les jours dans son jardin. «Je voudrais insuffler à mes toiles un bol d'oxygène, longtemps comprimé.»
C'est tout cela l'œuvre de Fatima el-Hajj, un poumon qui respire et qui se régénère, une extension d'elle-même et une reproduction authentique de son expérience de vie.
* Alwane-Saïfi, jusqu'au samedi 10 avril , de 11 à 19 heures, sauf le dimanche. Tél. : 01/975250.


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