Toute atteinte au muscle cardiaque (le myocarde), à l’une de ses quatre cavités (deux oreillettes et deux ventricules) ou à l’une de ses connexions vasculaires (artères et veines) pourrait altérer la physiologie du cœur. Aujourd’hui, les cardiopathies sont les principales causes de mortalité dans le monde. Le but de la médecine a toujours été d’acquérir une espérance de vie maximale, et contourner de telles maladies n’est pas sans être qualifié d’exploit aussi bien sur le plan théorique que sur le plan pratique.
Parmi les maladies cardiaques critiques, nous pouvons distinguer l’insuffisance cardiaque qui traduit une incapacité du cœur à pomper suffisamment le sang vers l’organisme. Dépister cette maladie revient à se baser sur les résultats d’un électrocardiogramme ECG, d’une épreuve d’effort ou d’une imagerie par résonance magnétique IRM chez le patient suspect. Les critères d’affirmation sont, sans ambages, une VO2 max inférieure à 25 mL/min/kg ou un volume d’éjection systolique inférieur à 25%. D’ailleurs, la fatigue et l’essoufflement sont des symptômes qui se manifestent d’abord à l’effort. Lorsqu’ils surviennent au repos, l’insuffisance cardiaque évolue pour atteindre son stade terminal ou avancé. Plusieurs médicaments (bêtabloquants ou diurétiques) sont administrés afin de réduire cette maladie, voire l’éliminer.
Toutefois, lorsque la cure médicamenteuse échoue, des remèdes chirurgicaux sont requis : la transplantation cardiaque ou le cœur artificiel. Notons que l’implantation d’un cœur artificiel a été réussie pour la première fois au Liban au centre médical de l’AUB en août 2009, grande épopée permettant à l’équipe médicale de gravir les échelons du vrai exploit médical. La transplantation cardiaque, également appelée « greffe cardiaque », est une opération biologique consistant à prélever le cœur du donneur, le greffon, et à le mettre à la place du cœur natif du receveur. Au cours des préparations préopératoires, s’assurer de la compatibilité histologique, sanguine et immunologique est une étape cruciale. Le patient, inscrit sur une liste d’attente, est opéré en fonction de la gravité de sa situation et de la disponibilité du greffon. Le risque majeur que court un individu est le rejet du greffon lorsque les cellules immunitaires (surtout les lymphocytes T) du hôte détectent le « corps étranger » et se « coalisent » pour le repousser. Des médicaments immunosuppresseurs sont prescrits pour atténuer la probabilité de rejet. Cependant, ces médicaments présentent nombre d’effets secondaires néfastes et peuvent engendrer la maladie coronaire du greffon ainsi que des complications extracardiaques (insuffisance rénale, lésions cutanées). Le patient opéré pratique une activité sportive mais surveillée et régulée par une équipe de cardiologues.
Quant au cœur artificiel, c’est un remède mécanisé et robotisé se présentant sous deux types : pneumatique (Jarvik- Thoratec) et rotatif (Novacor). Souvent, c’est une pompe intracorporelle liée par des tuyaux à un générateur et une console, ces deux étant alimentés par une pile électrique. Celle-ci devrait être rechargée régulièrement (toutes les 40 minutes), facteur dont nous ne pouvons pas passer outre. Les tuyaux inhibent la motricité du patient, quoiqu’il lui soit autorisé de pratiquer une activité physique étroitement surveillée. Aucun cœur artificiel n’a été jusqu’à présent conçu pour remplacer définitivement le cœur natif insuffisant ou pour se substituer à la greffe : c’est en fait un pont temporaire auquel recourent les chirurgiens cardiologues et les spécialistes avant d’arriver à la greffe.
Afin de prévenir toute maladie cardiaque ou cardiovasculaire nécessitant de telles interventions chirurgicales lourdes, un mode de vie sain et une alimentation équilibrée sont fortement recommandés.
Nadine HOYEK-Collège Notre-Dame de Jamhour
Parmi les maladies cardiaques critiques, nous pouvons distinguer l’insuffisance cardiaque qui traduit une incapacité du cœur à pomper suffisamment le sang vers...

