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Culture - Sculpture

La belle, le beau et le sot… chez Alice Mogabgab

À la galerie Alice Mogabgab* d'étonnantes créatures en assemblages de tiges de fer, pièces de mécanique et galets forment une assemblée sculpturale tout en humour et fantaisie.

À dos de mulet. (DR)

Une basse-cour, une ferme et même toute une assemblée rurale, à commencer par La belle, Le beau et Le sot. Voilà tout le village, idiot compris, réuni sur la place! Enfin, en guise de place, il s'agit plutôt de l'espace de la galerie Alice Mogabgab, où tout ce beau monde, fruit de la créativité et du savoir-faire de Boulos Richa, se pavane sur les présentoirs, jusqu'au 23 avril.  
Sculpteur autodidacte, ancien maître ferronnier, Boulos Richa est, comme le présente la galeriste, «un jeune homme de 82 printemps». Ses œuvres modernes, ludiques, créatives, élaborées en éléments de récupération associent des pièces de mécanique auto avec des galets ramassés sur le littoral de Batroun, dans les hauteurs duquel il vit, pour former des silhouettes symboliques de coqs, mulets, bélier, paon, tortue, laboureur, paysanne en fichu...
Toute une arrière-cour, inspirée de son environnement rural, sans doute de son regard malicieux sur les personnes et les personnages de ce petit village de Jdabra où il est né, en 1936, et où il a toujours vécu. Mais aussi une «cour», où évoluent Impératrice, Clown et Cavalier... Des figures qui évoquent, avec ironie, les archétypes sociétaux universels.
C'est là tout le talent de cet artiste qui, du travail de la forge vers lequel il a été orienté tout jeune, s'est progressivement tourné, au fil des années, vers la réalisation de son rêve d'enfant. De petit garçon de 12 ans qui élaborait des figures totémiques et humaines en entassant les galets de la côte.
Ses premières œuvres d'artiste, nourries de son savoir-faire artisanal, vont interpeller, au début des années soixante-dix, le peintre Samir Tabet, alors doyen de l'AUB. Il l'encourage à exposer en... ville des sculptures en fer forgé et des assemblages en matériaux ayant roulé leur bosse.
L'art de Boulos Richa est présenté à la Jafet Library de l'AUB en 1972, à la Galerie contemporaine en 1975, puis au Salon du printemps organisé par le ministère de l'Éducation nationale et, en 1992, à la galerie Brigitte Shéhadé qui fait découvrir au public parisien une rétrospective de son travail.
Après une longue disparition, au cours de laquelle cet artiste-né n'a pas chômé, voilà Boulos Richa qui repart de plus belle dans le circuit des expositions. En donnant à voir, trois ans après la présentation de son «Théâtre mécanique» chez Alice Mogabgab, une nouvelle production de personnages de fer et de galets, à la poésie et à la fantaisie indéniables.
À découvrir.

* Rue Achrafieh, imm. Karam, 1er étage. Du lundi au samedi. Horaires d'ouverture : de 10h00 à 19h00. Tél. : 03/210424. 
Une basse-cour, une ferme et même toute une assemblée rurale, à commencer par La belle, Le beau et Le sot. Voilà tout le village, idiot compris, réuni sur la place! Enfin, en guise de place, il s'agit plutôt de l'espace de la galerie Alice Mogabgab, où tout ce beau monde, fruit de la créativité et du savoir-faire de Boulos Richa, se pavane sur les présentoirs, jusqu'au 23 avril.  Sculpteur autodidacte, ancien maître ferronnier, Boulos Richa est, comme le présente la galeriste, «un jeune homme de 82 printemps». Ses œuvres modernes, ludiques, créatives, élaborées en éléments de récupération associent des pièces de mécanique auto avec des galets ramassés sur le littoral...
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