Les revendications des enseignants portent autant sur des demandes de réformes que sur des revendications financières. Les contestataires exigent principalement les sept échelons que leur accorde la loi et dont ils restent privés jusqu'à ce jour.
Les discours prononcés au cours de la manifestation ont beaucoup insisté sur la solidarité et le maintien de la pression jusqu'à ce que toutes les revendications soient satisfaites. Le président de la Ligue des enseignants du cycle secondaire, Hanna Ghorayeb, a évoqué des « tentatives de dissuader les professeurs de maintenir leur manifestation ». « Après le dialogue et les entretiens, ils ont reconnu nos droits et nous ont fait des promesses qui ne se sont pas traduites par des actes, a-t-il poursuivi. Ils voulaient en fait le dialogue pour nous pousser au compromis, mais nous n'avons jamais rien obtenu que par les manifestations et les grèves. » Et d'ajouter : « Il y a douze ans que nous faisons des heures supplémentaires non payées. Jusqu'à quand sommes-nous supposés attendre un dénouement à notre affaire, alors que tous les autres salariés ont obtenu leur hausse de salaire avec effet rétroactif ? Pourquoi les responsables trouvent-ils si difficile de nous accorder les 35 % restants des sept échelons ? »
L'affaire des manifestations et des grèves d'enseignants a été étroitement suivie par le Premier ministre Saad Hariri et le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Hassan Mneinmé, qui se sont concertés à ce propos. M. Hariri a débattu des derniers développements avec le conseil exécutif de la Ligue des enseignants cadrés de l'UL, présidée par Hamid Karam. Celui-ci a précisé que parallèlement à la grève de deux jours observée dans toutes les facultés, hier et aujourd'hui, la délégation a présenté au Premier ministre un dossier complet et détaillé de toutes les revendications des professeurs.
Pour sa part, M. Mneimné a renouvelé, lors d'une intervention à la radio, l'engagement du gouvernement, et du ministère en particulier, à « trouver une solution réelle et adéquate pour cadrer les enseignants ». Il a annoncé « la tenue d'une nouvelle session d'examens à la Fonction publique, afin de donner la chance à un plus grand nombre d'enseignants d'être cadrés, même si nous ne sommes pas dans l'obligation de le faire, étant donné qu'une session coûte au Trésor près d'un milliard et demi de livres libanaises ». Il a assuré que « les revendications portant sur les réformes seront bientôt satisfaites et il restera les exigences financières ». « Nous sommes toujours ouverts au dialogue avec les professeurs, mais nous n'avons plus organisé de réunions parce qu'ils tiennent à leurs conditions, alors que l'augmentation des salaires est tributaire des possibilités du Trésor », a-t-il dit. Il s'est interrogé « sur le timing très précoce de ces mouvements, rapides et intensifs ». Le ministre s'est enfin demandé pourquoi ce sont toujours les élèves et les étudiants qui doivent payer pour les grèves décidées par les professeurs.
Par ailleurs, les professeurs du cycle secondaire ont reçu le soutien de la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL), qui en a décidé ainsi après une réunion présidée par Ghassan Ghosn. Sur un autre plan, les réunions des syndicats et des ligues d'enseignants se sont multipliées en diverses régions.


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