Le jeune maestro italien Francesco Lanzillotta et Cristina Nassif, la soprano d’origine libano-espagnole. (DR)
Prenant la parole avant le début du concert, l'ambassadeur d'Italie, Gabriele Checchia, a tenu à remercier les Libanais pour avoir rendu un hommage, à travers le Festival al-Bustan, à l'art de vivre et de faire de la musique à
l'italienne.
De son côté, la présidente du festival, Myrna Boustani, a indiqué que la 17e édition a réalisé l'impossible, grâce à l'aide de l'ambassade d'Italie et des différents sponsors. Elle a également lancé une fleur à l'Orchestre philharmonique libanais et à son fondateur, maestro Walid Gholmieh.
Public des grands soirs, donc, à l'auditorium Émile Boustani et programme qui joue, pour commencer, la carte de la légèreté avec l'ouverture très célèbre des Noces de Figaro: notes joyeuses, fébriles, mouvementées, s'envolant dans les airs... Ce bref presto, qui dépeint à merveille le caractère léger de l'œuvre de Mozart, annonce l'arrivée sur scène de la captivante Cristina Nassif.
Mi-Betty boop, mi-Carmen fatale, la soprano aux longues boucles brunes, en longue robe bustier couleur corbeau, chante les exquises douleurs de la comtesse mozartienne des Noces de Figaro, se lamentant sur le délaissement de son mari. «Porgi, amor, qualche ristoro...» (que l'amour apporte un réconfort). Une miniature où les traits sont gravés avec un détail et une délicatesse infinis.
Interlude rossinien par l'orchestre avec l'ouverture de la Cenerentola (Cendrillon), et voilà que Nassif se révèle en incandescente tragédienne lyrique dans Io sono l'umile ancella d'Adriana Lecouvreur, de Francesco Cilea. Elle campe une Adriana généreuse et douce, n'hésitant pas à se transformer en une lionne quand il s'agit de défendre son amour. La jeune chanteuse déploie une bonne partie de ses possibilités vocales, des «pianissimi» éthérés aux paroxysmes d'une voix capable d'exprimer la tornade des passions. Applaudissements enthousiastes du public qui ne se lasse pas de pleurer aux souffrances des héroïnes de Mozart.
Formée à l'art lyrique par sa mère, Cristina Herrera de Nassif, mezzo soprano, et par son père, le pianiste Dr Thomas Nassif, Cristina, qui semble être très fière de ses origines libano-espagnoles, a suivi des études à l'Université de Maryland et à l'Académie des arts vocaux de Philadelphie.
Sous les salves d'applaudissements, la brune piquante boucle le concert (et la saison) par un touchant O mio babbino caro, en s'adressant à son père, assis au premier rang. Quelle heureuse et émouvante idée en cette soirée où l'on célébrait la fête des Mères.
Un feu d'artifice a tracé le mot fin sur l'édition 2010. Et déjà le prochain rendez-vous est, semble-t-il, fixé du 23 février au 27 mars 2011. Arriverderci, Bustan!


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