L'Opep a décidé de ne pas ouvrir plus grand ses robinets lors de sa réunion ministérielle mercredi à Vienne, optant sans surprise pour un prudent maintien de ses quotas pétroliers face à une reprise jugée fragile et incertaine.
"La conférence a décidé une nouvelle fois de maintenir inchangés les quotas de production", a indiqué l'Organisation des pays exportateurs de pétrole à l'issue de sa première réunion dans ses nouveaux locaux du centre historique de la capitale autrichienne.
Les quotas de production de brut du cartel, qui pompe 40% du pétrole mondial, restent donc fixés à 24,84 millions de barils par jour (mbj), leur niveau en vigueur depuis le 1er janvier 2009.
Le cartel, qui tiendra sa prochaine conférence le 14 octobre à Vienne, a ainsi choisi la prudence, jugeant que de "sérieuses menaces persistent" sur la reprise économique "malgré des signaux positifs en provenance des industries manufacturières et des services", selon son communiqué.
"La croissance (de la demande pétrolière) la plus forte devrait émaner des pays extérieurs à la zone OCDE, mais même celle-ci pourrait être affectée par les mesures engagées par les gouvernements pour éviter la surchauffe de leurs économies", a aussi averti le président en exercice de l'Opep, l'Equatorien Germanico Pinto, tout en s'inquiétant de risques de "reprise en W" dans les économies développées.
En plus, l'Opep se prépare à perdre des parts de marché face aux autres fournisseurs de brut. La progression de la demande mondiale "devrait être plus qu'absorbée par une hausse de production hors-Opep".
Le maintien des niveaux de production repose aussi sur la satisfaction manifeste des producteurs face aux prix du pétrole. Depuis six mois, les cours évoluent dans une fourchette de 70 à 80 dollars le baril, jugée idéale par les producteurs pour continuer à investir.
Vers 15H35 GMT, sur le marché de New York Nymex, le baril de "light sweet crude" gagnait 43 cents à 82,13 dollars après avoir ouvert en hausse de 87 cents peu après l'annonce de la décision de l'Opep de maintenir ses quotas.
Il y a "une bonne demande, une offre fiable, des prix parfaits: nous sommes très contents", s'est félicité le ministre saoudien du Pétrole, Ali el-Nouaïmi
"Les prix sont équitables à la fois pour les producteurs et les consommateurs. La consommation va augmenter aux 3e et 4e trimestres, et le dollar devrait s'affaiblir, ce qui va aider les prix à grimper", a souligné son collègue algérien Chakib Khelil.
Malgré le gel des quotas de production depuis 15 mois, les pays membres de l'Opep ont toutefois profité graduellement de la hausse des prix pour vendre plus de pétrole et atténuer le phénomène.
En février, la production des 11 pays membres soumis aux quotas, excluant l'Irak, a atteint 26,7 mbj, soit 1,86 mbj de plus que le plafond officiel.
"Chaque fois que le pétrole prend 1 dollar, l'Opep-11 gagne 29 millions de dollars de plus chaque jour", calcule Tamas Varga, du courtier PVM.
Face aux inquiétudes de plusieurs ministres quant à la discipline du cartel, ses pays membres ont réaffirmé mercredi "leur engagement à respecter leurs quotas individuels de production".
Anticipant une chute de la demande au deuxième trimestre, l'analyste indépendant John Hall a conseillé à l'Opep de "respecter plus strictement ses quotas", sans quoi une accumulation excessive de stocks pourrait faire plonger les prix.
"S'il n'y avait pas de demande (pour ce pétrole), il n'y aurait pas de dépassements" de quotas, a estimé pour sa part le chef de file du cartel, le Saoudien el-Nouaïmi.
"La conférence a décidé une nouvelle fois de maintenir inchangés les quotas de production", a indiqué l'Organisation des pays exportateurs de pétrole à l'issue de sa première réunion dans ses nouveaux locaux du centre historique de la capitale autrichienne.
Les quotas de production de brut du cartel, qui pompe 40% du pétrole mondial, restent donc fixés à 24,84 millions de barils par jour (mbj), leur niveau en vigueur depuis le 1er janvier 2009.
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