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Lifestyle - Criminalité

Pornographie infantile : le Japon montré du doigt

Le nombre d'affaires criminelles mettant en scène des enfants dans des vidéos ou des photos obscènes a connu l'an dernier un bond de près de 40 %.

Malgré les pressions internationales, la pornographie infantile reste importante au Japon. Les statistiques publiées hier par la police nationale révèlent que 935 affaires ont été recensées l'an dernier, soit une augmentation de 38,3 % par rapport à 2008. Le nombre de victimes est également en hausse de 21,6 %, avec 411 enfants dont le plus jeune était âgé d'un an, chiffre le plus élevé depuis que la police a commencé à collecter ce genre de données en 2000.
Un total de 650 personnes ont été déférées à la justice, parmi lesquelles seize parents de victimes, indique le rapport annuel. La presse a cité le cas d'une mère de 21 ans qui a été condamnée à une peine d'un an de prison avec sursis pour avoir vendu sur Internet des photos de sa fille d'un an, nue, dans des poses obscènes. La vente de quelque 80 photos et vidéos lui avait rapporté 150 000 yens (1 230 euros). D'autres mères ont « loué » leurs filles à un homme de 46 ans qui payait la séance de photos à son domicile ou dans une chambre d'hôtel entre 20 000 et 50 000 yens (164 à 410 euros). Cinq fillettes, âgées de un à douze ans, ont en plus été abusées sexuellement des dizaines de fois, selon la police.
La hausse de la pornographie infantile s'explique notamment par l'usage d'Internet, qui a concerné l'an dernier 507 affaires sur les 935 répertoriées, soit près du double qu'en 2008. La loi actuelle, datant de 1999, interdit la production et la vente de photos, vidéos et autres matériels pornographiques impliquant des enfants, ainsi que leur possession à des fins commerciales ou de distribution. Mais la possession à titre individuel de ce genre de produits est, elle, pour l'instant autorisée. Parmi les huit plus grands pays industrialisés du G8, seuls le Japon et la Russie observent cette tolérance. Beaucoup d'experts pensent que les statistiques officielles ne montrent que la partie émergée de l'iceberg. « La loi ne vise que les producteurs, non pas les consommateurs. Il y a des producteurs qui ne craignent pas de violer la loi car la demande est forte », explique Hiroshi Nakasatomi, professeur de droit constitutionnel à l'Université de Fukushima (nord). La peine maximale encourue pour pornographie infantile est de cinq ans d'emprisonnement.
Lors du 3e Congrès mondial contre l'exploitation sexuelle des enfants et des adolescents, organisé en novembre 2008 à Rio de Janeiro, le Japon avait été montré du doigt comme étant l'un des pays les plus laxistes en la matière. Les participants avaient reproché aux autorités nippones d'entraver, par leur inaction, les efforts déployés par les autres pays pour lutter contre ce fléau. Ils avaient également attiré l'attention sur l'absence de contrôle sur l'exploitation sexuelle des enfants dans les mangas et les dessins animés japonais.
Afin d'améliorer son image, le gouvernement japonais a annoncé de nouvelles mesures pour juin prochain et a, à cet effet, créé une commission chargée de faire des propositions, qui a tenu sa première réunion au début du mois. L'une des mesures envisagées serait de bloquer l'accès aux sites Internet diffusant des images pornographiques mettant en scène des enfants, comme c'est déjà le cas en Europe. Un projet de loi condamnant la possession de tels documents est également en discussion au Parlement.
Malgré les pressions internationales, la pornographie infantile reste importante au Japon. Les statistiques publiées hier par la police nationale révèlent que 935 affaires ont été recensées l'an dernier, soit une augmentation de 38,3 % par rapport à 2008. Le nombre de victimes est également en hausse de 21,6 %, avec 411 enfants dont le plus jeune était âgé d'un an, chiffre le plus élevé depuis que la police a commencé à collecter ce genre de données en 2000. Un total de 650 personnes ont été déférées à la justice, parmi lesquelles seize parents de victimes, indique le rapport annuel. La presse a cité le cas d'une mère de 21 ans qui a été...
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