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Sport

Le Canada retient son souffle avant la première médaille d’or

Après la disette de médailles aux Jeux de Montréal et plus récemment aux Jeux d’hiver de Calgary, l’équipe canadienne de ski alpin n’a qu’une chose en tête, se hisser sur la plus haute marche du podium.                Stephanie Lamy/AFP

Les Jeux olympiques de Vancouver commencent le 12 février, mais c'est la date du 13 que les Canadiens ont cochée au feutre indélébile dans leur agenda.
Samedi est en effet attendu un événement majeur pour la délégation à la feuille d'érable : la première médaille d'or d'un de ses athlètes lors de Jeux olympiques organisés sur le sol canadien.
En deux éditions - les Jeux d'été en 1976 à Montréal et ceux d'hiver à Calgary en 1988 -, jamais aucun athlète canadien n'est monté sur la plus haute marche du podium, une statistique inédite pour un pays hôte dans l'histoire olympique.
Cette malédiction pourrait être brisée dès samedi matin quand entreront en lice le descendeur Manuel Osborne-Paradis, la skieuse de bosses Jennifer Heil et le patineur de vitesse Charles Hamelin.
Leurs noms ne sont pas encore très familiers du grand public canadien, mais tous trois pourraient devenir en un instant d'immenses stars à travers le pays.
Le premier athlète qui fera résonner Ô Canada, l'hymne national, est en effet promis à une gloire nationale de Vancouver à Terre-Neuve.
Il y a fort à parier que des timbres seront imprimés et des pièces frappées à son effigie, que des parcs, des rues et des écoles porteront un jour son nom.
« J'adorerais être dans la tête de cet athlète pendant 15 secondes pour savoir ce que ça fait d'être le premier Canadien à remporter une médaille d'or » dans son pays, a déclaré le président du comité d'organisation des Jeux, John Furlong.
Le chef de la délégation canadienne, Chris Rudge, s'est voulu rassurant face à l'attente suscitée dans le pays par ces 34 années de disette.
« Je peux dire sans équivoque et vous donner la garantie absolue que nous allons remporter de nombreuses médailles d'or à Vancouver », a-t-il dit cette semaine.

« Botter les fesses des Yankees »
Forte de plus de 200 athlètes, il ne fait en effet aucun doute que la délégation canadienne décrochera plusieurs titres olympiques. Mais la question que se posent les Canadiens est simple : à quand le premier ?
Si les athlètes à la feuille d'érable devaient faire chou blanc samedi 13, la pression n'en serait que plus forte sur ceux qui leur succèderont tout au long de la quinzaine.
« Nous en sommes au point où ce qui compte n'est pas de savoir si on va remporter une médaille d'or, mais quand », atteste Peter Judge, président de la Fédération canadienne de ski freestyle.
« Nous avons ce qui peut être considéré comme la meilleure équipe de sports d'hiver jamais présentée par aucun pays dans l'histoire des Jeux olympiques », ajoute-t-il.
Une telle fanfaronnade colle mal à l'image de retenue et de modestie qui sied aux Canadiens, lesquels ont appris depuis des décennies que l'essentiel était de donner le meilleur d'eux-mêmes et que les récompenses importaient peu.
L'affaire de dopage du sprinter Ben Johnson aux JO de Séoul en 1988 a laissé des traces au sein des autorités sportives canadiennes, qui ont eu tendance à minimiser l'importance du gain de médailles à tout prix.
Mais les temps ont changé et les Canadiens, qui ne veulent plus être la risée de leurs voisins américains, s'avancent désormais en compétiteurs redoutables.
La presse s'est mise au diapason. « Nous sommes canadiens et nous allons vous botter les fesses », titrait récemment The Gazette en réponse aux moqueries du magazine américain Time.
« Se pourrait-il que les Yankees soient nerveux, sachant que lors des derniers Jeux d'hiver, le Canada a failli surpasser ses voisins du Sud au tableau des médailles ? » ajoutait le journal.
À Turin en 2006, les États-Unis avaient récolté 25 médailles, dont 9 d'or, contre 24 au Canada, y compris 7 d'or.
Les Canadiens ont aussi laissé de côté cette année les courbettes et politesses dues à leur statut de pays hôte.
Les responsables de la délégation canadienne ont profité à plein de l'avantage d'évoluer à domicile en multipliant les entraînements sur les sites de compétition, longtemps interdits aux athlètes des autres nations. L'objectif du Canada, ambitieux, a été clairement affiché : terminer premier du classement des médailles par nation.
Pour cela, le gouvernement et ses sponsors ont dépensé 117 millions de dollars canadiens (80 millions d'euros) dans un programme au nom évocateur : « À nous le podium. »
Les Jeux olympiques de Vancouver commencent le 12 février, mais c'est la date du 13 que les Canadiens ont cochée au feutre indélébile dans leur agenda.Samedi est en effet attendu un événement majeur pour la délégation à la feuille d'érable : la première médaille d'or d'un de ses athlètes lors de Jeux olympiques organisés sur le sol canadien.En deux éditions - les Jeux d'été en 1976 à Montréal et ceux d'hiver à Calgary en 1988 -, jamais aucun athlète canadien n'est monté sur la plus haute marche du podium, une statistique inédite pour un pays hôte dans l'histoire olympique.Cette malédiction pourrait être brisée dès samedi matin quand...
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