À 10km de Vancouver, Cypress Mountain qui accueille les compétitions de snowboard, ski-cross et ski acrobatique est privé de neige. Le site vit au rythme et au bruit des camions et des hélicoptères qui transportent de la neige artificielle. Mike Blake/Reuters
Officiellement, le comité d'organisation se veut rassurant et affirme que toutes les épreuves se dérouleront comme prévu. Mais la réalité inquiète tous les observateurs.
La Colombie britannique, située sur la côte de l'océan Pacifique, connaît l'hiver le plus doux de son histoire, une situation qui tranche avec les vagues de froid s'abattant actuellement sur la côte atlantique.
Vancouver est ainsi privée de neige, fait incongru pour une ville accueillant des Jeux d'hiver.
La situation de Cypress Mountain, qui doit accueillir les compétitions de snowboard, de ski acrobatique et de skicross, reste la plus inquiétante.
Le site, situé à 900 mètres d'altitude seulement, a été ouvert à la presse pour la première fois mardi et le lieu a davantage des allures de chantier à ciel ouvert que de station de ski olympique.
Il y a de la neige, certes, sur la piste qui accueillera la compétition de ski de bosses mais à côté les spectateurs pataugent dans la boue. On se croirait davantage aux Jeux de printemps qu'aux Jeux d'hiver.
Le vacarme des hélicoptères et des camions, qui poursuivent leur ballet 24 heures sur 24 pour apporter de la neige prélevée sur les hauteurs, est assourdissant.
Les responsables du comité d'organisation des Jeux (Covan) ont été contraints à plusieurs reprises d'interrompre leur conférence de presse en raison du bruit des rotors.
« Nous avons trois minutes et trente secondes avant que le prochain hélicoptère n'arrive », plaisantait Dick Vollet, l'un des membres du Covan.
Une descente sur quel type de piste ?
Plus sérieusement, Vollet se disait plutôt optimiste pour le début des compétitions sur le site, dès samedi, avec l'épreuve de ski de bosses féminin.
« Nous sommes assez satisfaits de la situation étant donné le combat que nous menons contre Dame Nature, qui n'est pas toujours très clémente », a-t-il déclaré.
« Comme vous le voyez, il nous reste beaucoup de travail. L'équipe travaille d'arrache-pied et je pense que le site sera prêt à accueillir l'une des meilleures éditions des Jeux de l'histoire. »
Les skieurs, eux, s'accommodent tant bien que mal des conditions. « La piste est bonne, la neige est intéressante. On navigue entre de la neige fondue et de la vraie neige », souligne le Canadien Vincent Marquis.
À une centaine de kilomètres plus au nord, le site de Whistler, qui accueille les compétitions de ski alpin et de ski nordique, ne souffre pas du manque de neige mais tout le monde s'inquiète de la douceur ambiante qui pourrait détériorer les pistes, notamment celle de la descente masculine prévue samedi.
« Durant les trois prochaines semaines, nous devrons être très, très précautionneux avec ce bébé », a déclaré le directeur de course du ski masculin, Günther Hujara, à propos de la piste.
Il a prévenu que certaines sections de la piste seraient fermées aux concurrents et aux entraîneurs à l'issue des descentes d'entraînement, afin de les préserver.
« Nous ne pouvons pas risquer de trop solliciter la piste, particulièrement avec des températures et une humidité en hausse. »
L'entraîneur norvégien Marius Arnesen a jugé mardi que la piste était en bon état, « assez compacte et assez bonne ». « Mais tout dépend de l'évolution du temps jour après jour. Si on a des températures en dessous de zéro, la piste sera dure et très bonne. Mais le temps change si vite ici qu'on essaie de ne pas s'en soucier. Il faudra prendre la piste comme elle est. »

