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Culture - Flamenco

Rafael Amargo, charismatique en diable !

Est-ce la passion du flamenco ou l'entrée libre qui a provoqué cette affluence massive au palais de l'Unesco pour le spectacle « Tiempo Muerto » de Rafael Amargo offert par l'ambassade d'Espagne au Liban ? La question mérite d'être posée.

Rafael Amargo « christique » et charismatique en diable ! DR

Certes, toute la république avait été invitée à cette soirée marquant le coup d'envoi de la présidence espagnole de l'Union européenne, mais le nombre de personnes présentes a quand même largement dépassé les espérances des organisateurs et...la capacité d'accueil de la plus grande salle de théâtre de Beyrouth !
Normalement parée pour recevoir plus de 600 spectateurs, la salle - balcon et corbeilles compris - s'est remplie dans ses moindres coins et recoins, jusqu'aux marches des gradins qui ont littéralement été prises d'assaut par un public avide de manifestations artistiques de qualité, malheureusement, pour beaucoup, trop souvent inaccessibles. Il faudrait peut-être que les instances concernées relèvent cette demande et agissent en conséquence !
Pour ce qui est du spectacle, Rafael Amargo et sa compañía n'ont pas déçu les attentes du public, qui s'est enflammé pour ce Tempo Muerto qui mélange tradition et modernité, fougue originelle et chorégraphie stylisée.
C'est justement cette fusion du flamenco des origines (sans doute celui des Gitans du Sacromonte, à Grenade d'où il est originaire), avec un flamenco plus théâtral et scénique, dans la lignée de celui d'Antonio Gadès (son maître) et, surtout, largement inspiré de la danse contemporaine (technique à laquelle il s'est formé à l'école de Martha Graham à New York),  qui signe la facture des spectacles à succès de Rafael Amargo.
Dans ce Tiempo Muerto... sans temps morts, le danseur et chorégraphe espagnol livre une succession de tableaux variés. Dont un remarquable solo de bailaora, en robe et éventail verts, sur fond d'assemblée de guitaristes, percussionniste, flutiste, «cantaor» et «cantaora», aux voix puissantes, rauques et écorchées et aux battements de paumes, cris et encouragements caractéristiques, qui a ravi les puristes.
Les autres, les amateurs ouverts aux propositions nouvelles du flamenco, ont, quant à eux, apprécié le métissage de « cantes » et « bailes » purement gitans avec des musiques aux influences jazzy et orientales (signées Juan Parilla), des costumes et des chorégraphies contemporaines.  
Des scènes dans lesquelles Rafael Amargo joue d'ailleurs le bailaor moderne et incandescent. Tantôt s'extirpant voluptueusement d'un canapé aussi noir que son costume, ses cheveux, sa barbe et ses yeux de jais, pour entamer, sur un air de piano, un ballet de pas gracieux aussitôt suivis de « taconeos » (cette série de coups de talons caractéristiques du flamenco), tantôt faisant le matador, en habit rouge de pied en cap, dans une performance à la force et à la fougue électrisantes, Amargo s'est révélé aussi charismatique danseur qu'étincelant chorégraphe*.

« Ma religion c'est le flamenco »
Un bailaor d'une exubérante vitalité, qui a quasiment bondi dans la salle à la fin du spectacle - lequel s'est terminé comme de coutume par une fiesta flamenca réunissant musiciens, chanteurs et danseuses  - pour recevoir les applaudissements d'un parterre enthousiasmé et debout. À qui il a fait part de son « bonheur à (se) produire au Liban, de (son) sentiment de partager les mêmes origines culturelles et de sa seule religion : le flamenco ».
Puis de remonter sur scène, pour improviser, avec de jeunes spectateurs, une ultime série de zapateados (claquement de pointes et de talons).
Un artiste charismatique en diable !

*Rafael Amargo  a obtenu le prix Max des arts scéniques en Espagne, et le prestigieux prix italien Positano Leonide Massine a récompensé son travail de chorégraphe et de danseur. Parmi ses dernières productions, la chorégraphie de la comédie musicale « Zorro », dans ses deux versions : londonienne et parisienne, à l'affiche actuellement.   
Certes, toute la république avait été invitée à cette soirée marquant le coup d'envoi de la présidence espagnole de l'Union européenne, mais le nombre de personnes présentes a quand même largement dépassé les espérances des organisateurs et...la capacité d'accueil de la plus grande salle de théâtre de Beyrouth !Normalement parée pour recevoir plus de 600 spectateurs, la salle - balcon et corbeilles compris - s'est remplie dans ses moindres coins et recoins, jusqu'aux marches des gradins qui ont littéralement été prises d'assaut par un public avide de manifestations artistiques de qualité, malheureusement, pour beaucoup, trop souvent inaccessibles. Il faudrait peut-être que les...
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