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Culture - Cimaises

La légende des Ballets russes à Moulins

Plus de 130 costumes d'opéras russes du début du XXe siècle sont présentés à Moulins à l'occasion du centenaire des Ballets russes, à travers une exposition qui dévoile une Russie aux deux visages : celle, impériale et légendaire des tsars et celle, plus moderne, du peuple, écrit Céline Castella, de l'AFP
Avec « Opéras russes, à l'aube des Ballets russes », le Centre national du costume de scène (CNCS) de Moulins propose de découvrir jusqu'au 16 mai une partie de sa collection qui comprend 9 000 costumes d'opéra, de théâtre et de ballet. La compagnie des Ballets russes, d'abord constituée des meilleurs danseurs du Mariinski de Saint-Pétersbourg, a donné sa première saison en mai et juin 1909 au théâtre du Châtelet.
Son fondateur, Serge Diaghilev (1872-1929), avait déjà organisé des manifestations à Paris entre 1906 et 1908.
« Au départ, Diaghilev voulait donner des spectacles musicaux, la musique a toujours été pour lui quelque chose d'important. Il a commencé avec la création de l'opéra Boris Godounov en 1908, une révélation pour le public parisien. Ça a coûté très cher et il s'est concentré ensuite sur les ballets », explique Martine Kahane, directrice du CNCS.
Mais la légende des Ballets russes puise sa renommée dans ces œuvres lyriques : « Tout est parti de l'opéra », dit-elle.
Les costumes présentés à Moulins, dont certains ont été prêtés par la Bibliothèque nationale de France et le Nouveau musée national de Monaco, ont été utilisés pour des œuvres lyriques russes, montées par Serge Diaghilev ou par des théâtres parisiens dans la première moitié du XXe siècle. Quatre œuvres sont ainsi représentées : Boris Godounov de Moussorgski, Siberia de Giordano créée en 1911 au Palais Garnier, Khoventchina de Moussorgski, également créée par Diaghilev en 1913, et Snegourotchka de Rimski-Korsakov, créée à l'Opéra-comique en 1908.
La mise en scène, de Giuliano Spinelli, découpe judicieusement l'exposition en deux parties avec, d'une part, les costumes dorés, brillants, brodés, ornés de fourrures des boyards (nobles) et des tsars de Snegourotchka et Boris Godounov. De l'autre, ceux plus modestes des paysans, en coton, ornés de motifs géométriques aux couleurs vives de Khovantchina ou de Siberia.
« On retrouve les deux facettes de la légende des Ballets russes : la première représente les contes russes. La seconde, ce sont les paysans, le peuple, un personnage très important des opéras russes avec des costumes d'une modernité incroyable », souligne Mme Kahane. Au milieu du parcours, un atelier ludique permet aux enfants de se familiariser aux costumes de scène et d'opéra autour de diverses animations : couture, assemblage, pochoirs, puzzles, etc.
L'exposition s'achève dans une grande salle coupée en deux par un rideau de tulle orné d'arbres, le tout composant une forêt noire et blanche, « symbole de mystère », commente M. Spinelli.
Deux parties là encore et un contraste saisissant : d'un côté, des costumes de paysans abrités sous une petite maison en bois représentent « la terre, le peuple russe », explique M. Spinelli. De l'autre, la Russie « religieuse, celle de Dieu, du ciel » avec une iconostase (cloison en bois ou en pierre décorée dans les églises orthodoxes) composée de costumes somptueux installés en hauteur avec, au centre, celui du couronnement de Boris Godounov.

Plus de 130 costumes d'opéras russes du début du XXe siècle sont présentés à Moulins à l'occasion du centenaire des Ballets russes, à travers une exposition qui dévoile une Russie aux deux visages : celle, impériale et légendaire des tsars et celle, plus moderne, du peuple, écrit Céline Castella, de l'AFP Avec « Opéras russes, à l'aube des Ballets russes », le Centre national du costume de scène (CNCS) de Moulins propose de découvrir jusqu'au 16 mai une partie de sa collection qui comprend 9 000 costumes d'opéra, de théâtre et de ballet. La compagnie des Ballets russes, d'abord constituée des meilleurs danseurs du Mariinski de Saint-Pétersbourg, a donné sa...
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