Précédant son cercueil, la photo d’Anna Abs portée par un proche, à Tripoli. Photo AFP/STR
L'Ocean Alert, un vaisseau privé américain qui dispose d'équipements pouvant récupérer des objets se trouvant jusqu'à 2 000 mètres de profondeur, concentrait ses recherches à 14 kilomètres des côtes libanaises. C'est dans cette zone qu'ont été détectés, mercredi soir, les signaux émis par les boîtes noires du Boeing 737-800 qui s'est écrasé quelques minutes après son décollage en pleine tempête de l'aéroport de Beyrouth avec 90 personnes à bord. Le vaisseau américain devrait momentanément quitter la zone de recherche pour des raisons logistiques. Pour éviter que les recherches ne soient interrompues, le ministère de la Défense a demandé aux autorités françaises d'envoyer à leur tour un vaisseau pour remplacer l'Ocean Alert.
Le ministre Ghazi Aridi a précisé que si les recherches n'aboutissent pas, de nouveaux équipements sous-
marins seront utilisés. Il a ajouté que la société propriétaire de l' Ocean Alert dispose d'autres sous-marins et d'équipements encore plus sophistiqués permettant de trouver les boîtes noires.
De leur côté, les équipes locales de secours ont élargi la zone de recherche à la surface de l'eau, sillonnant la mer depuis Saïda jusqu'à Batroun, pour retrouver d'éventuels indices. Seulement quelques vêtements et de nouveaux débris d'avion ont été retrouvés.
Les familles endeuillées dans l'attente
Dans cet état des lieux, les familles sont toujours dans l'attente de la moindre information sur leurs proches disparus dans la catastrophe. Une famille endeuillée a vécu un nouveau drame. Gergi Assal n'a pas survécu à la perte de son fils Albert, qui se rendait en Angola à bord de l'avion et dont le corps n'a toujours pas été retrouvé. Gergi a été terrassé à 80 ans par une crise cardiaque. Il sera enterré aujourd'hui à 15 heures dans son village à Batroun.
C'est également dans une profonde tristesse que les familles de Ali Ahmad Jaber (40 ans) et Anna Mohammad Abs (37 ans) ont récupéré hier les corps des deux victimes, identifiées en dernier. Le corps d'Anna Abs a été transporté à Mina, à Tripoli, où se sont déroulées les funérailles, en présence des proches de la jeune femme, mais également de l'ancien ministre Nagib Mikati et de nombreuses personnalités de la région. Le corps d'Ahmad Jaber a été transporté à Nabatiyé où il a été inhumé en présence notamment du député Yassine Jaber qui lui est apparenté et qui a transmis à la famille les condoléances du président de la République, Michel Sleiman, du président du Parlement, Nabih Berry, et du Premier ministre, Saad Hariri. Plusieurs personnalités politiques, notamment le député Kassem Hachem et Randa Berry, ont effectué une tournée dans différents villages du Sud, où elles ont présenté leurs condoléances aux familles des disparus.
Par ailleurs, le ministre de la Défense, Élias Murr, a informé le président Michel Sleiman des derniers développements concernant les recherches. Dans le cadre de l'enquête, les réunions de travail se sont poursuivies à l'aéroport Rafic Hariri. Le juge Saïd Mirza, procureur général près la Cour de cassation, a présidé une réunion concernant la mise en place d'un plan de travail pour la poursuite des opérations de recherche, le traitement des preuves que constituent les débris de l'avion et les objets retrouvés, et les analyses d'ADN. S'est également réunie la commission regroupant des experts américains, français, éthiopiens spécialisés dans les catastrophes aériennes.
Les marques de sympathie et les messages de condoléances ont continué d'affluer de toutes parts. Le président de la République d'Uruguay, Tabare Vasquez, a adressé jeudi un télégramme de condoléances au président Michel Sleiman, faisant part de sa profonde douleur et consternation. Dans son prêche du vendredi, Dar el-Fatwa a salué « le sérieux des autorités dans leur gestion du dossier des victimes du crash » et précisé que l'ensemble des Libanais sont unis dans la douleur. Quant à l'uléma Mohammad Hussein Fadlallah, il a estimé que « la catastrophe aérienne a uni les Libanais ». De son côté, le ministre du Tourisme, Fadi Abboud, a insisté sur la nécessité de retrouver les boîtes noires, proposant la création d'un fonds d'aide aux parents des victimes.
Le ministre des Affaires sociales, Sélim Sayegh, s'est rendu au consulat général d'Éthiopie, où il a présenté ses condoléances au consul général Asaminew Debelie Bonssa et à la vice-consule, également première conseillère, Yeshi Tamrat Bitew. M. Sayegh a insisté sur sa solidarité avec le peuple éthiopien et avec les familles des victimes éthiopiennes du vol, précisant que des projets d'assistance sociale et psychologique seront mis en place à l'intention des familles des victimes éthiopiennes au même titre que les familles libanaises.


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