Après l’amère défaite en finale de la dernière CAN, le Cameroun attendait impatiemment sa revanche contre l’Égypte. Mais comme en 2008, c’est encore une bourde défensive qui fait basculer le match en faveur des pharaons (3-1 a.p.). Khaled Desouki/AFP
Malgré la crainte de tomber une nouvelle fois dans le piège de leurs bourreaux habituels, les Camerounais ont choisi de miser sur leurs qualités pour tenter d'inverser la malheureuse tendance. D'abords prudents, ils imposent progressivement leur puissance dans les duels au milieu de terrain pour s'emparer du ballon face à un bloc égyptien toujours bien organisé. La volonté des hommes de Le Guen ne leur permet pas de se procurer des occasions sérieuses, mais ils obtiennent de nombreux corners. Si la plupart de ces coups de pied arrêtés semblent mal tirés, Emana ne renonce pas et surprend Hassan, placé au premier poteau et lobé sur un corner venu de la gauche (0-1, 26e). Les Lions indomptables semblent avoir fait le plus dur en faisant craquer la redoutable muraille des Pharaons, mais ils paient leur manque de rigueur défensive quelques instants plus tard. Pas attaqué dans l'axe, Hassan prend sa chance de trente mètres et, d'une frappe flottante, surprend le malheureux et surtout peu efficace Kameni (1-1, 37e). Le capitaine égyptien célèbre ainsi plus dignement son record de 170 sélections.
Le Cameroun donne le bâton
L'Égypte a égalisé grâce à une certaine réussite et revient vite à sa tactique initiale qui consiste à complètement fermer les espaces en attendant de rares contres. Les hommes de Shehata se montrent patients et les opportunités arrivent en début de seconde période. Pas encore revenue dans le match, l'arrière-garde camerounaise se laisse surprendre, et Hosni puis Zidan profitent des errances de Chedjou pour tenter leur chance sans réussite (47e et 50e). Remis de ces frayeurs et plus concentrés en défense, les Camerounais reprennent leur domination stérile. Sur un faux rythme, les frappes lointaines des Lions indomptables ne mettent pas en danger l'impeccable el-Hadari. Longtemps cerné par les défenseurs égyptiens, Eto'o ne se montre que tardivement et envoie son tir dans l'axe entre les mains du gardien adverse (79e). Manquant d'inspiration dans leur jeu, les joueurs de Le Guen sont contraints à disputer la prolongation.
Peut-être usés par leurs efforts vains ou agacés par les petites fautes des Égyptiens, les Camerounais perdent toute lucidité. En voulant donner à Kameni, Geremi adresse une passe en retrait hasardeuse que Gedo intercepte et transforme en but d'une frappe croisée (2-1, 92e). Le capitaine égyptien Hassan enfonce le clou quelques instants plus tard en enroulant un puissant coup franc de la gauche que Kameni repousse derrière lui. Le ballon n'a pas du tout franchi la ligne, mais l'arbitre M. Damon accorde le but (3-1, 95e). Accablés par leurs énormes bourdes et cette décision injuste, les Lions indomptables cessent définitivement de rugir. L'Égypte, elle, est toujours là, en course pour réussir un fabuleux triplé.
Le Nigeria passe dans la douleur (5-4, t.a.b.)
Le dernier quart qui opposait les Nigérians aux jeunes et outsiders Zambiens s'est clôturé au bout des 90 minutes sur le score vierge de 0-0. Les deux prolongations n'ont pas suffi pour départager les deux équipes en dépit d'une pluie d'occasions surtout de la part des « Super Eagels » qui ont plus d'une fois manqué le coche notamment par le biais de ces deux stars Martins et Mikaël inhabituellement maladroits dans le dernier geste. C'est finalement la rude épreuve des tirs aux buts, qui allait débloquer l'issue de match marathon. C'est le Nigeria qui s'est montré plus habile en inscrivant la totalité de ces cinq tirs. La Zambie malgré trois premiers penalty bien tiré, c'est Enyamma le portier nigérian qui d'une superbe détente stoppe le quatrième et douche les espoirs zambiens qui y avaient pourtant cru jusqu'au bout. Le Nigeria affrontera le Ghana en demi-finale.

