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Irak : des milliers de chiites protestent contre le Baas de Saddam

Des milliers de personnes sont descendus jeudi dans les rues de plusieurs villes chiites irakiennes pour clamer leur soutien à la décision d'interdire les élections aux candidats accusés d'être des ex-membres du parti Baas, selon des journalistes de l'AFP.

La commission électorale a interdit 511 candidats accusés d'avoir été des membres ou des partisans du Baas, le parti de l'ancien président sunnite Saddam Hussein, de concourir aux législatives du 7 mars, provoquant la colère de la communauté sunnite qui s'estime ciblée par cette mesure.

Le président Jalal Talabani a de son côté appelé à faire la différence entre les baassistes idéologiques et tous ceux qui ont été contraints d'intégrer le Baas.

"Des centaines de milliers de personnes ont été forcées de rejoindre le parti car l'inscription était obligatoire. Nous ne devons pas être injuste avec eux", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Interrogé pour savoir si le moment choisi pour exclure les candidats était le bon, il a indiqué: "J'aurais espéré que cela ne se déroule pas maintenant".

Dans la ville sainte de Kerbala, environ 4.000 personnes, dont des victimes du régime de l'ancien dictateur, ont clamé leur soutien à l'exclusion de ces candidats au moment où les Etats-Unis et l'ONU ont entamé des médiations pour tenter d'éviter une crise politique à la veille du scrutin législatif de mars.

"Nous refusons que la loi sur la justice et l'intégrité (qui interdit le Baas) soit politisée. Elle doit être appliquée à ceux qui ont les mains couvertes du sang des Irakiens", a affirmé à l'AFP Ahmed al-Tayyar, le directeur de l'association des victimes de Saddam Hussein à Kerbala.

"Nous n'acceptons aucune intervention étrangère dans les institutions indépendantes", a de son côté affirmé Abdel Amir al-Anbari, un notable participant à la manifestation, en référence aux consultations menées par le vice-président américain Joseph Biden avec les dirigeants irakiens.

A Najaf, des centaines de personnes ont défilé dans le centre-ville, brandissant des banderoles sur lesquelles était inscrit: "le Baas et les Nazis sont les deux faces de la même pièce" ou "Le retour du Baas, c'est le retour des attaques et de la prison", selon des correspondants de l'AFP sur place.

La manifestation était organisée par l'Association des martyrs et des prisonniers politiques de l'ancien régime.

"Nous demandons au gouvernement de Bagdad et aux autorités locales de punir le Baas et ses représentants (...) et d'exclure les baassistes de Najaf", a affirmé à l'AFP l'un des manifestants, Salah al-Moussawi.

L'assemblée provinciale a donné lundi 24 heures aux sympathisants du Baas pour quitter la province éponyme de Najaf et avait annoncé une "purge" des institutions locales.

A Bassora, à l'extrême sud du pays, un millier de personnes ont défilé au cri de "Honte aux baassistes!" portant des banderoles avec les inscriptions: "Non au retour des assassins et des criminels sous de nouveaux noms" et "Baassiste un jour, député le lendemain".

Les manifestants à Najaf et Bassora ont demandé la levée de l'immunité parlementaire de Dhafer Al-Ani, un député sunnite et chef du bloc de la Concorde nationale, accusé d'avoir fait l'apologie du Baas et exclu des listes électorales.

Des milliers de personnes sont descendus jeudi dans les rues de plusieurs villes chiites irakiennes pour clamer leur soutien à la décision d'interdire les élections aux candidats accusés d'être des ex-membres du parti Baas, selon des journalistes de l'AFP.
La commission électorale a interdit 511 candidats accusés d'avoir été des membres ou des partisans du Baas, le parti de l'ancien président sunnite Saddam Hussein, de concourir aux législatives du 7 mars, provoquant la colère de la communauté sunnite qui s'estime ciblée par cette mesure.
Le président Jalal Talabani a de son côté appelé à faire la différence entre les baassistes idéologiques et tous ceux qui ont été contraints...