Abou Moussa (deuxième à partir de la gauche) en compagnie de responsables du Hezbollah au mausolée de Imad Moghniyé.
« Ces propos sont en contradiction avec l'unanimité libanaise », a déclaré M. Fatfat au site nowlebanon.com, appelant « les forces du 8 Mars, et à leur tête Nabih Berry, le Hezbollah et le général Michel Aoun, à préciser leur position sur cette affaire et à dire si elles sont toujours d'accord avec ce qui avait été décidé en 2006 ou bien si les propos d'Abou Moussa sont susceptibles de modifier la donne ».
Abou Moussa, chef du Fateh-Intifada, créé par le régime syrien dans les années 80 pour combattre le chef de l'OLP Yasser Arafat, avait rejeté dimanche un désarmement des bases palestiniennes situées hors des camps, pourtant décidé à l'unanimité des participants au dialogue interlibanais en 2006, mais resté sans application depuis.
Critiquant l'argumentation d'Abou Moussa, selon lequel le rôle des armes palestiniennes hors des camps se limite à la confrontation arabo-israélienne et n'a rien à voir avec l'intérieur libanais, M. Fatfat a dit : « Je souhaite qu'Abou Moussa nous explique à quel moment les bases palestiniennes hors des camps ont joué le moindre rôle contre Israël, y compris durant l'offensive de 2006. »
« Tout le monde sait que le rôle de ces bases se confine à l'exercice de pressions dans le cadre de la politique intérieure libanaise », a-t-il encore dit, jugeant qu'il est « difficile de croire que les déclarations d'Abou Moussa sont le fruit du hasard ou l'expression d'un point de vue personnel ».
Du côté du Hezbollah, le député Hassan Fadlallah a adopté hier une position laissant penser que la résolution de la conférence de dialogue relative au désarmement des Palestiniens hors des camps n'est pas applicable d'emblée, mais doit être précédée d'un dialogue avec les organisations palestiniennes concernées.
« Il faut un dialogue sérieux entre le gouvernement libanais et les représentants des organisations palestiniennes et c'est sur la base de ce dialogue que ce dossier pourra être réglé », a déclaré M. Fadlallah, appelant à s'éloigner de toute polémique à ce sujet.
Un autre membre du Bloc du Futur, le député Ammar Houry a estimé que les propos d'Abou Moussa constituent « une agression contre la souveraineté libanaise et contre l'unité du pouvoir de décision au Liban ».
« Le plus dérangeant dans cette affaire, c'est qu'elle braque les projecteurs sur la visite effectuée en Syrie par le Premier ministre, Saad Hariri. Nous voulons continuer à croire que cette visite a débouché sur des résultats positifs », a ajouté M. Houry.
Pour sa part, le député Kataëb Fady Habre a comparé les déclarations d'Abou Moussa à une « Katioucha médiatique tombée sur la tête des Libanais ».
Selon M. Habre, ces propos sont à mettre « dans le cadre du retour du Liban au statut de scène d'anarchie et d'instabilité ».
Quant à Abou Moussa lui-même, il a réitéré hier sa disposition à « dialoguer avec le gouvernement ou l'État libanais » pour parvenir à « des solutions satisfaisantes pour tout le monde ».
Il a aussi réaffirmé que les armes palestiniennes, « tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des camps, sont là dans le cadre du conflit arabo-sioniste ».
Abou Moussa, qui se trouvait hier toujours au Liban, s'exprimait à l'issue d'une visite au mausolée de Imad Moghniyé, le chef militaire du Hezbollah assassiné à Damas en 2008.


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