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Liban - Éclairage

Doutes persistants sur Deir Ammar autant que sur les intentions syriennes

Les SR de l'armée ont vite mis la main sur Chawki Nazer, l'auteur de la fusillade de Deir Ammar. Né en 1984, cet apatride dont la nationalité est sous étude (comme les Arabes de Wadi Khaled), réside au village de Cheikh Ayyache dans le Akkar. Il est actuellement gardé au dépôt au siège du commandement de l'armée à Yarzé. Interrogé après son arrestation, il a soutenu avoir agi seul et pour un mobile uniquement personnel. Précisant qu'il était en conflit avec le conducteur du bus qui transportait des ouvriers syriens, dont l'un a été tué par ses tirs de kalachnikov, et trois autres blessés. Un conflit ayant trait, selon ses dires, à un trafic de mazout de contrebande auquel il se livrait.
Mais ces aveux n'ont pas suffi pour faire retomber les spéculations sur le caractère politique du crime commis par Nazer. En effet, son action ne semble pas obéir à une logique de règlement de comptes personnel. S'il en avait après le chauffeur du bus, pourquoi n'avoir pas tiré uniquement sur lui. Et pourquoi le timing et le lieu, étant entendu qu'au retour de Hariri de Damas, une agression contre des Syriens au Akkar aurait tout l'air de cibler la démarche du Premier ministre. Et, par la même occasion, de viser ses efforts pour l'établissement de bonnes relations libano-syriennes.

Bonne volonté
À ce propos, le président du Conseil a tenu, comme toujours, à informer le patriarche Sfeir des résultats de sa visite en Syrie. Il lui a assuré que les effets de la démarche prendraient progressivement corps dans les semaines à venir. Ajoutant que les Syriens sont désormais disposés à discuter de tous les dossiers en suspens dans un esprit positif, et qu'il n'y a aucun sujet tabou. Même pas le Conseil mixte supérieur syro-libanais, dont le sort serait placé sous étude commune. Hariri a indiqué au patriarche que la cordialité de l'accueil qu'il a reçu à Damas, ainsi que la volonté syrienne d'ouvrir une page relationnelle nouvelle avec le Liban, lui semblent un signe probant de bonnes intentions. D'autant que les Syriens lui ont promis de traiter sans tarder d'un dossier aussi important que le tracé des frontières. Il a enfin indiqué qu'une délégation conduite par son homologue syrien, Mohammad Naji Otri, est attendue à Beyrouth début janvier pour entamer les discussions. À ces assurances, le patriarche Sfeir a répondu en formulant l'espoir que les Syriens resteront animés de bonnes intentions, non sans préciser que ce sont les actes qui comptent et non les promesses...

Doutes
Allant plus loin dans la prudence, pour ne pas dire dans la méfiance, des pôles loyalistes affirment avoir tout à craindre que les Syriens ne s'en tiennent finalement qu'à des gesticulations de comédie. Et ne mettent la main sur le cœur que pour ne pas la mettre à la tâche. Ils soulignent que ce ne serait pas la première fois que les Syriens tiennent des propos mielleux tout en continuant, ou même en intensifiant, leurs méfaits. Ces cadres rappellent que, rencontrant les évêques maronites qui discutaient des rapports avec Damas, le regretté président Rafic Hariri leur avait signalé que, selon ses termes, « les Syriens ont un esprit bien à eux, qu'il nous faut bien saisir, si nous voulons savoir comment traiter avec eux... »
Dans ces conditions, les sceptiques pensent que la Syrie n'ira pas plus loin que les promesses qu'elle délivre à foison, d'ailleurs dans le vague. Ils relèvent qu'elle aura beau jeu de se dérober ultérieurement, étant donné la complexité des problèmes en suspens. On sait qu'il s'agit, notamment, du tracé des frontières, de leur verrouillage face au trafic d'armes comme à la contrebande, de Chebaa, du démantèlement des bases palestiniennes et des prisonniers libanais détenus en Syrie. Il reste que, selon des sources autorisées, on commencerait, en début d'année, par former une commission mixte pour le tracé des frontières, mais avec le Nord pour point de départ et non pas Chebaa.
Ce qui renforce les suspicions. Car les Syriens confirment de la sorte leur thèse constante : le tracé des frontières est une affaire relevant de la souveraineté des deux pays concernés et nulle autre partie, la communauté internationale comprise, ne peut s'en mêler. Ce qui revient à gommer la 1680, qui ordonne le tracé et, dans la foulée, la 1559 et la 1701. Les prosyriens affirment du reste que la 1559 est maintenant réalisée. Mais les Kataëb sont venus leur rappeler qu'il n'en est rien. En soulevant la question de l'armement milicien, dont cette résolution exige la dissolution.
Autre détail : le ministre prosyrien des Affaires étrangères aurait câblé à nos ambassades pour que les capitales prennent note que la 1559 est désormais complètement appliquée. Les responsables du 14 Mars indiquent que si le ministre a pris effectivement une telle initiative, il aurait outrepassé ses prérogatives. Car il n'appartient qu'au seul Conseil des ministres d'aviser les capitales qu'une résolution émanant des Nations unies a définitivement pris corps. Sinon, le Liban aurait bonne mine quand il siégera au Conseil de sécurité.
Les SR de l'armée ont vite mis la main sur Chawki Nazer, l'auteur de la fusillade de Deir Ammar. Né en 1984, cet apatride dont la nationalité est sous étude (comme les Arabes de Wadi Khaled), réside au village de Cheikh Ayyache dans le Akkar. Il est actuellement gardé au dépôt au siège du commandement de l'armée à Yarzé. Interrogé après son arrestation, il a soutenu avoir agi seul et pour un mobile uniquement personnel. Précisant qu'il était en conflit avec le conducteur du bus qui transportait des ouvriers syriens, dont l'un a été tué par ses tirs de kalachnikov, et trois autres blessés. Un conflit ayant trait, selon ses dires, à un trafic de mazout de contrebande auquel il se livrait.Mais ces...
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