La coopération bilatérale a été au centre de l’entretien Hariri-Mottaki. Photo Dalati et Nohra
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a effectué hier une visite officielle au Liban, où il a eu des entretiens avec les présidents de la République, Michel Sleiman, du Parlement, Nabih Berry, et du Conseil, Saad Hariri, ainsi qu'avec son homologue libanais, Ali Chami.
M. Mottaki, qui a déposé une couronne de fleurs sur la tombe du cadre du Hezbollah, assassiné à Damas, Imad Moghniyé, et posé la première pierre du nouveau bâtiment de la chancellrie iranienne à Bir Hassan, avant d'entamer ses concertations officielles, a également conféré avec le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, ainsi qu'avec le chef du CPL, le général Michel Aoun. En soirée, il a rendu visite au patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, puis au mufti de la République, cheikh Mohammad Rachid Kabbani.
Au cours d'une conférence de presse qu'il a tenue au terme de ses entretiens avec les dirigeants politiques, le ministre iranien a affirmé avoir présenté à ses hôtes ses vœux à l'occasion de la formation d'un nouveau gouvernement au Liban et s'est notamment félicité que l'entente scellée à Taëf se soit concrétisée par la mise en place d'un gouvernement d'union nationale. « Celui-ci est un des principaux éléments de la réconciliation nationale et représente la voie d'accès à une nouvelle ère de progrès », a-t-il estimé. M. Mottaki a souligné que le problème se posait au niveau régional et nécessitait un règlement régional. « Les interventions en dehors de la région n'ont pas favorisé une solution. Ce sont les concertations entre les pays de la région qui ont permis l'accord de Doha », a-t-il expliqué, avant de mettre l'acent sur le souhait de son pays d'accentuer le rapprochement avec le Liban. M. Mottaki a en outre plaidé vigoureusement en faveur d'un rapprochement entre tous les pays de la région, avant de mettre l'accent sur « l'illégitimité » d'Israël.
En réponse à une question, il a qualifié de positifs ses entretiens avec M. Saad Hariri, affirmant qu'ils ont porté sur les possibilités de coopération. Il a précisé qu'il a transmis au chef du gouvernement une visite officielle à Téhéran. « Il a accepté l'invitation et il ne reste plus qu'à fixer la date de la visite », a ajouté M. Mottaki.
Prié de commenter la visite de M. Hariri à Damas, il a répondu : « Nous avons toujours fait confiance à l'intelligence des dirigeants libanais qui œuvrent pour l'intérêt de leur pays. Ce genre de démarches va dans le sens de davantage de rapprochement et favorise la stabilité et le calme dans la région. En formant rapidement un gouvernement, le Liban a prouvé qu'il a l'envergure nécessaire pour assumer de manière appropriée son rôle au double plan régional et international. »
Le ministre a aussi dit avoir soulevé avec le président de la République et le Premier ministre l'affaire des quatre diplomates iraniens, enlevés durant la guerre au Liban.
En réponse à une autre question, il a indiqué que son pays poursuivra son activité nucléaire « de manière normale » et qu'il produira lui-même le combustible nécessaire au réacteur de recherche médicale de Téhéran.


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