Dans les ruelles transformées en rivières, des habitants fuyaient leurs maisons à Sabra. Photo Ibrahim Tawil
Au Liban-Nord, un bateau commercial transportant du bétail de l'Uruguay à Tartous, selon les informations préliminaires (des informations contradictoires circulaient sur la destination finale du navire, ainsi que sur sa provenance), a fait naufrage près de l'île aux palmiers à Tripoli, avec à son bord quelque 83 marins. Le Danny Two a chaviré à environ 11 milles nautiques au large de Tripoli, vers 19h30. Les services de secours libanais ont dépêché neuf bateaux de sauvetage ainsi qu'une équipe médicale sur les lieux du naufrage, a signalé un responsable des services portuaires de Tripoli, précisant que de nombreux membres d'équipage venaient des Philippines et du Pakistan. Au moins un Libanais et un Syrien se trouvaient également à bord, ainsi que deux Britanniques, un Australien et un Russe.
De son côté, la Finul a dépêché trois bâtiments, « un italien et deux allemands, à environ 10 milles nautiques au large de Tripoli après que la marine libanaise eut reçu un appel de détresse émanant d'un navire battant pavillon panaméen », a déclaré Andrea Tenenti, porte-parole de la Finul.
En soirée, vingt marins avaient déjà été secourus, dont seize par un navire syrien, au moment où les équipes de secours tentaient toujours de sauver les autres passagers. Des hélicoptères britanniques en provenance de Chypre devaient se joindre en soirée aux équipes de sauvetage.
Pris au piège...
Hier donc, les citoyens dans les différentes régions étaient une fois de plus pris au piège de la pluie diluvienne. C'est la ville de Naamé, au sud de Beyrouth, qui a vécu un vrai cauchemar. Le dépotoir s'est effondré, bouchant le lit du fleuve de Naamé et provoquant des inondations, qui ont bloqué les routes pendant plus de quatre heures, jusque tard dans l'après-midi, et endommagé les maisons, les négoces et les magasins de la ville. À Choueifat, un mur s'est effondré mettant en péril les immeubles dans les environs. Et à Ghaziyé, des élèves ont été enfermés dans l'école publique al-Safir, en raison des inondations qui ont bloqué la route principale. Il a fallu l'intervention des équipes de la Défense civile et des forces de sécurité qui ont emmené les élèves à travers les champs.
La même scène se répétait dans les différents cazas du pays avec des gens qui essayaient de pomper l'eau de leurs habitations ou magasins, des automobilistes qui s'évertuaient à réparer les dégâts causés à leurs véhicules, des tracteurs qui tentaient de déboucher les routes, des routes transformées en marées, des canalisations inondées... Les intempéries ont également causé d'énormes dégâts dans les champs agricoles, les vergers et les serres, au grand dam des agriculteurs.
Horaires de circulation des camions
Face à l'ampleur des inondations, qualifiées toutefois d'« acceptable » par le ministre des Travaux publics et des Transports, Ghazi Aridi (comme quoi, tout est relatif !), le ministre de l'Intérieur, Ziyad Baroud, a mis tous les moyens de son ministère à la disposition du ministère des Travaux publics pour déboucher les routes et régler le problème de la circulation.
M. Baroud a de même émis une circulaire précisant les horaires de circulation des camions. Ces derniers sont interdits de circuler dans les mohafazats de Beyrouth et du Mont-Liban entre 6h30 et 9h, tous les jours sauf le samedi. Les camions ne peuvent pas quitter le port de Beyrouth entre 16h30 et 19h. De même, les citernes de pétrole ne peuvent pas quitter les dépôts au Mont-Liban entre 16h30 et 19h. Ces mesures ne s'appliquent pas aux véhicules militaires, ainsi qu'aux véhicules des municipalités, des institutions publiques, des pompiers, de la Défense civile et des Croix-Rouge libanaise et internationale.

