« Les Libanais aspirent profondément à revoir leur pays diplomatiquement actif », a affirmé le parlementaire, qui ne voit pas comment la rencontre du chef de l'État avec le président américain peut ne pas être « dans l'intérêt du pays ».
« Nous n'avons jamais caché notre désaccord avec Washington au sujet de son parti pris en faveur d'Israël », a dit le député, qui ajoute que le Liban a toujours été en mesure « de réclamer ses droits (...) et de défendre les causes arabes ».
« Il n'est pas dans notre intérêt de laisser Israël occuper tout le champ diplomatique », a-t-il ajouté, avant de souligner que « toute notre diplomatie doit être mise au service du renforcement de notre armée ».
Satisfaction morale
Le « Front de la liberté » de Fouad Abou Nader, qui prépare un congrès général à Paris, a jugé complètement « déplacées » les critiques soulevées par la visite du président Sleiman à Washington.
« Nul n'ignore ce qui les inspire, a ajouté un communiqué de ce groupement. Il s'agit, au minimum, de priver le président des prérogatives que lui accorde la Constitution, des prérogatives qui sont à la fois un droit et un devoir ; de priver aussi le Liban de toute initiative diplomatique, de l'empêcher d'exprimer ses craintes légitimes, de faire entendre sa voix officielle, la voix qui s'exprime au nom de tous les Libanais devant la première puissance mondiale. »
Le « Front de la liberté » a considéré par ailleurs que le voyage du président Sleiman « conforte la position du Liban et le service qu'il peut rendre comme membre élu du Conseil de sécurité ». « À tout le moins, a-t-il enchaîné, le Liban a la satisfaction morale de rappeler les grandes puissances qu'il existe sur la carte du monde comme pays libre, indépendant et souverain. »
L'Union maronite mondiale
Pour l'Union maronite mondiale (UMM), un lobby libanais à Washington, le timing de la visite du président Sleiman est important : « Elle intervient alors que le Liban traverse une période délicate, marquée par un regain d'influence de la Syrie sur le plan interne et une tentative du Hezbollah de récupération des résultats des élections (...). »
Mais l'UMM critique le chef de l'État qui, selon elle, « suit la route facile » et estime qu'il « finira par perdre la confiance de la population et le respect de la communauté internationale ». Elle souligne aussi l'abandon progressif par les chefs chrétiens et leurs alliés indépendantistes de leur rôle dirigeant.
« Mais, assure le lobby, cela ne signifie nullement que le Liban va se perdre, car les Libanais de la diaspora, l'UMM en tête avec les quelque 12 millions de maronites qu'elle représente, n'oublieront pas le Liban et n'accepteront pas que la liberté y soit étouffée (...), quelles que soient les armes stockées. »


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