Le commandement des forces internationales en Afghanistan a prévenu mercredi le secrétaire américain à la Défense Robert Gates, en visite à Kaboul, des difficultés à recruter soldats et policiers afghans, tout en assurant pouvoir à terme accroître leur nombre comme prévu.
Le numéro 2 de l'Otan en Afghanistan, le général David Rodriguez, a par ailleurs reconnu qu'il était "possible" que des civils aient été tués mardi dans une opération de l'Otan, un incident qui a suscité l'émotion à Jalalabad (est) et à la présidence afghane.
"Il est possible que des civils aient été tués dans celle-ci (l'opération, ndlr) parce que c'était une situation confuse", a-t-il dit alors que l'Isaf avait jusque là démenti que des civils aient été tués lors d'une opération menée dans la nuit de lundi à mardi dans l'est du pays.
Selon le général Rodriguez, "les (30.000) troupes supplémentaires" bientôt envoyées en renfort par Washington "vont augmenter notre capacité à former les forces de sécurité afghanes", dont la montée en puissance est un élément-clé de la stratégie du président américain Barack Obama, qui compte commencer à retirer ses soldats d'Afghanistan en juillet 2011.
Le général américain Bill Caldwell, nouveau responsable Otan de la formation des forces afghanes, a indiqué que l'objectif, pour les forces afghanes de sécurité, était de disposer de 287.000 membres à ce moment là.
Le général Rodriguez a également évoqué la barre des 300.000 soldats et policiers afghans à l'horizon septembre 2011.
Le général Caldwell a toutefois confié que l'objectif affiché d'accroître les forces afghanes à 134.000 hommes d'ici octobre 2010 se heurtait à de nombreuses difficultés.
"Le plus grand défi consiste à former des dirigeants pour l'armée et la police afghanes. Cela va prendre du temps", a-t-il souligné.
"Si l'on veut atteindre nos objectifs, il va falloir augmenter le recrutement" au sein de l'armée, a-t-il averti.
Le général Rodriguez avait plus tôt indiqué au secrétaire à la Défense qu'il était particulièrement difficile d'embaucher et de retenir des soldats afghans dans le sud, où les combats sont les plus intenses.
"Ils combattent très durement en permanence là-bas. Et là où c'est dur, on a du mal à recruter et à les retenir", avait-il expliqué.
Pour attirer de nouvelles recrues et concurrencer les émoluments distribués par les insurgés, les autorités afghanes ont décidé d'augmenter le salaire des forces de sécurité au 1er décembre d'environ 45 dollars par mois, rehaussant à 240 dollars la paie d'un soldat de base, alors que "les talibans paient 250 à 350 dollars par mois", selon le général Caldwell.
La démarche a été payante. En une semaine, un nombre record de plus de 2.500 volontaires se sont engagés dans l'armée, a-t-il affirmé.
La communauté internationale doit toutefois s'attendre à devoir financer ces troupes sur le long terme, avait prévenu mardi le président afghan Hamid Karzaï, soulignant que son pays n'aurait pas les moyens d'entretenir son armée et sa police pendant les 15 à 20 prochaines années.
Après avoir rencontré mardi Hamid Karzaï, Robert Gates a visité mercredi à Kaboul le centre de commandement de l'Otan.
"Nous avons tous les éléments pour remporter un succès", a-t-il déclaré devant le personnel militaire du centre des opérations.
Son déplacement constitue la première visite officielle en Afghanistan d'un responsable de l'administration Obama depuis que Washington a annoncé, il y a une semaine, l'augmentation du contingent américain à 100.000 hommes.
Le numéro 2 de l'Otan en Afghanistan, le général David Rodriguez, a par ailleurs reconnu qu'il était "possible" que des civils aient été tués mardi dans une opération de l'Otan, un incident qui a suscité l'émotion à Jalalabad (est) et à la présidence afghane.
"Il est possible que des civils aient été tués dans celle-ci (l'opération, ndlr) parce que c'était une situation...

