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Nucléaire : les grandes puissances s'impatientent face au refus de Téhéran

L'Iran, en raison de son programme nucléaire controversé, est de nouveau sur la sellette au conseil des gouverneurs de l'AIEA, jeudi et vendredi à Vienne, alors que les grandes puissances s'impatientent face au refus de Téhéran

Le directeur général de l'AIEA Mohammad ElBaradei/

de l'offre de compromis sur l'enrichissement d'uranium.

Pour la première fois en quatre ans, le Groupe des Six, les cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu (États-Unis, Grande-Bretagne, Chine, Russie, France), plus l'Allemagne, réunis jusqu'à vendredi, a préparé un projet de résolution condamnant l'Iran qui pourrait être soumis au vote des 35 gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Ce texte épingle la dissimulation par Téhéran jusqu'en septembre dernier de la construction d'un nouveau site nucléaire dans une montagne à Fordo, près de la ville sainte de Qom, inspecté depuis à deux reprises par l'AIEA.

Pour les grandes puissances comme pour l'AIEA, il s'agit de faire la lumière sur la nature véritable du programme nucléaire iranien: purement civil comme l'affirme le régime islamique ou, au contraire, également militaire comme le soupçonnent les grandes puissances.

Téhéran, par la voix de son représentant à l'agence onusienne, Ali Solgar Soltanieh, a immédiatement riposté en menaçant de "limiter" sa coopération avec l'AIEA "au strict minimum" en cas d'adoption de cette résolution.

Mais ce texte pourrait ne pas recueillir de majorité au sein du conseil des gouverneurs, compte tenu des réserves des pays en voie de développement. Si tel était le cas, les grandes puissances envisagent, selon des diplomates, de le publier comme une simple déclaration condamnant l'Iran.

Le soutien de la Chine et de la Russie à cette initiative est interprété comme un signe de la frustration grandissante de la communauté internationale face au refus de Téhéran de coopérer.

Jeudi, Moscou a ainsi instamment appelé l'Iran à respecter ses engagements, à l'issue d'un entretien entre le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, et l'ambassadeur iranien, Mahmoud Reza Sajjadi.

Et même le directeur général de l'AIEA, l'Egyptien Mohammad ElBaradei, s'est montré jeudi "déçu" par le jeu de cache-cache iranien. Il a souligné que sa proposition de compromis quant au processus d'enrichissement de l'uranium iranien était "équitable" et "de nature à grandement aider à répondre aux inquiétudes suscitées par le programme nucléaire iranien".

Il s'agit de "passer de la confrontation à la coopération et d'ouvrir la voie à un large dialogue entre l'Iran et la communauté internationale", a-t-il poursuivi.

L'offre initiale de compromis de Mohammad ElBaradei, "une occasion unique" et qui "doit être saisie" par Téhéran, selon lui, consiste à obtenir de l'Iran l'exportation de 70% de son uranium faiblement enrichi en Russie pour y être enrichi davantage puis transformé en France en combustible pour son réacteur de recherche, avec comme "modalité alternative" un stockage intermédiaire en Turquie, pays ami tant de l'Iran que des grandes puissances.

Ainsi cet uranium ne pourrait plus servir pour un éventuel usage militaire, principale crainte des grandes puissances.

Pour Mohammad ElBaradei, âgé de 67 ans et prix Nobel de la Paix en 2005, la politique d'obstruction de l'Iran a un goût d'autant plus amer qu'après 12 ans passés à la tête de l'agence onusienne, son mandat expirant le 30 novembre, il va laisser la place au Japonais Yukiya Amano, 62 ans. Et, au terme de ces 12 ans, dans un quasi-aveu d'impuissance, il a estimé que l'AIEA en était "à un point mort" avec l'Iran.

Pourtant, la nouvelle administration américaine, à la suite de la main tendue à l'Iran par le président Barack Obama, en rupture avec la politique de son prédécesseur, George W. Bush, garde l'espoir d'une réponse positive et maintient son offre de dialogue.


de l'offre de compromis sur l'enrichissement d'uranium.

Pour la première fois en quatre ans, le Groupe des Six, les cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu (États-Unis, Grande-Bretagne, Chine, Russie, France), plus l'Allemagne, réunis jusqu'à vendredi, a préparé un projet de résolution condamnant l'Iran qui pourrait être soumis au vote des 35 gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Ce texte épingle la dissimulation par Téhéran jusqu'en septembre dernier de la construction d'un nouveau site nucléaire dans une montagne à Fordo, près de la ville sainte de Qom, inspecté depuis à deux reprises par l'AIEA.
Pour les grandes puissances comme pour l'AIEA, il s'agit...