Blessé à la hanche samedi contre Valencienne, Chamakh était incertain hier au stade Chaban-Delmas. Le Marocain a été un poison permanent pour la défense turinoise et a même corsé le score en fin de match (2-0). Nicolas/AFP
Groupe A : Bordeaux, séduisant, conquiert la première place en battant la Juve
Bordeaux, séduisant, conquérant et réaliste, s'est assuré la première place du groupe A de la Ligue des champions après avoir dominé dans les grandes largeurs la Juventus Turin (2-0), hier, au stade Chaban-Delmas lors de la 5e journée.
Deux buts de Fernando et Chamakh de la tête sur deux coups de pied arrêtés, la spécialité maison, ont validé ce que personne n'imaginait vraiment lors du tirage au
sort : Bordeaux est devenu une grande équipe.
Certes, il n'est pour l'heure qu'en huitièmes, avec un match retour à la maison garanti. Mais son implication et sa motivation dans cette épreuve peuvent lui permettre de voir les choses en grand au printemps, si le sort ne lui offre pas un second de poule de gala.
Laurent Blanc se plaignait dernièrement des entames de match poussives de son équipe. Une chose est sûre, il a été entendu au regard du premier quart d'heure bordelais fait de combinaisons, de jeux en triangle efficaces, avec utilisation des côtés.
Cette domination s'est certes avérée stérile mais elle en a dit long sur l'envie de ses « garçons » , en plein doute en championnat où ils restent sur quatre revers en six matches, mais plus que jamais transcendés par l'obtention de la première place.
D'ailleurs, au terme du premier acte, on n'était pas loin d'avoir assisté à la meilleure mi-temps girondine de la saison, tant la Juve parut sous-pression, gênée, souvent débordée par la vivacité, les dédoublements des omniprésents Chalmé et Trémoulinas, parant au plus pressé souvent de manière illicite (quatre avertissements).
Succès de prestige
Les créateurs Yoann Gourcuff et Jussiê, blessés, avaient beau manquer, la partition du champion de France a sonné juste. Et sans un grand Gianliugi Buffon, alerte sur un coup franc de Plasil (3) puis impérial devant Chamakh, finalement apte et en jambes (38), la récompense aurait pu être plus flatteuse.
Elle est intervenue après la pause, comme à la parade, sur un coup franc excentré déposé par Plasil sur la tête victorieuse de Fernando (54).
Privés de Trezeguet et Iaquinta, la Vieille Dame, en quête de points pour valider elle aussi son ticket pour les huitièmes, n'en menait pas large à ce moment-là.
Mais, à l'expérience, les Italiens faisaient quand même passer quelques frissons dans les travées, notamment Diego qui, après s'être essayé de demi-volée (58), manquait un but presque tout fait sur une inspiration de Del Piero, jusque-là peu en vue (64).
Invités, les anciens Girondins de 1985, qui avaient subi à l'époque la loi des coéquipiers de Michel Platini en demi-finale de la Coupe des clubs champions, pouvaient savourer la fin de match de leurs successeurs. Ces derniers, en bons gestionnaires d'un succès de prestige, concluaient même la partie par un second but signé Marouane Chamakh, de la tête sur un corner de Wendel (90+4).
Les Bavarois, de leur côté, à l'Allianz Arena ont eu chaud mais ont fini par glaner trois points précieux en battant le Maccabi Haïfa 1-0 et se maintiennent en vie avant une affiche de rêve mais de tous les dangers contre la Juventus pour la qualification, lors de la sixième et dernière journée de poule du Groupe A. La crise est ainsi évitée ou retardée et ce succès offre un petit répit à l'entraîneur Louis Van Gaal, critiqué de toutes parts.
Groupe B : Besiktas met fin à l'invincibilité de Manchester à Old Trafford
Les Turcs ont créé une grosse sensation en allant l'emporter à Old Trafford 1-0, mais cet « exploit » est à relativiser, les Red Devils étant déjà qualifiés et le Besiktas éliminé. Alex Ferguson avait d'ailleurs laissé la plupart de ses cadres au repos, offrant une chance inespérée de briller à ses remplaçants (Obertan, Gibson, Macheda, Wellbeck, Park, Rafael). Une opportunité que ses titulaires d'un soir n'ont pas su saisir et c'est le Besiktas qui peut maintenant rêver d'une 3e place et d'un billet pour les 16es de finale de l'Europa League.
CSKA Moscou (RUS) - Wolfsburg (All) 2-1: Les champions d'Allemagne n'avaient besoin que d'un petit point pour célébrer leur premier billet pour les 8es de finale. Mais le revers à Moscou a relancé le suspense et leur adversaire d'un soir, revenu à leur hauteur à la deuxième place avec 7 points. La dernière journée (Wolfsburg-Manchester United et Besiktas-CSKA Moscou) promet d'être très chaude.
Groupe C : Marseille-Milan : un bon match qui rapporte peu
Le match nul ramené par Marseille de Milan (1-1) hier après un excellent match ne suffira sans doute pas à préserver ses chances en Ligue des champions et l'OM est maintenant obligé de battre 3-0 le Real Madrid lors de la dernière journée de poules pour passer en 8es de finale.
Les joueurs de Didier Deschamps ont pourtant réussi le même score à San Siro que le grand OM de Papin, Waddle et Pelé en 1991, mais cela ne devrait pas suffire, à moins d'un exploit retentissant contre le Real, qui a comme prévu battu Zurich (1-0) et compte 10 points, contre 7 pour l'OM. Les Phocéens doivent renverser le score du match aller à Madrid, une paille !
Après une entame de match ratée et un but de Borriello (10), Lucho (16) a égalisé, puis l'OM a conduit quelques belles actions de jeu, avec une défense qui s'est mise au diapason, et a même raté quelques balles de match. Il est vrai que l'AC Milan aussi en a eu.
Même si le résultat ne suffit pas, Deschamps pourra tirer quelques enseignements de cette partie et se satisfaire du rendement, dans un match de haut niveau très vivant, de ses trois principales recrues: Lucho, Gabriel Heinze et Souleymane Diawara.
Le meneur de jeu argentin a jeté ses premiers feux de la saison. Il a marqué, bien sûr, mais aussi ordonné le jeu marseillais sur quelques séquences, comme ce subtil décalage pour Niang dont le centre était contré de justesse (37).
Ronaldinho scintille encore
Après six semaines d'absence en début de saison (clavicule), puis trois nouvelles semaines en novembre (cheville), le « Commandante » et ses soldats de l'attaque vont peut-être enfin régler quelques automatismes et apprendre à conduire ensemble les assauts.
Derrière, la défense centrale a été efficace et a réussi quelques interventions saignantes, comme celle d'Heinze sur Zambrotta qui arrivait seul face à Mandanda (23) ou ce retour décisif et désespéré de Diawara sur Borriello, qui croyait avoir semé le Sénégalais (25).
Mais l'OM a de nouveau encaissé un but sur une erreur de débutant : un ballon perdu par Niang au milieu du terrain, un contre que Pato développe à cent à l'heure, et le ballon de Borriello termine au fond des filets marseillais.
Niang s'est rattrapé en effaçant Oddo près du poteau de corner pour délivrer un centre-tir que Lucho a converti en but, mais ces sautes de concentration plombent le début de saison marseillais et minent Deschamps.
Par exemple, au plus fort de la domination milanaise du début de seconde période, Brandao a trouvé le moyen d'expédier sur la barre un centre en or de Niang (65). Il était à un mètre de la ligne... Diawara a ensuite trouvé le poteau d'une tête sur laquelle Dida était largement battu.
Chez les Milanais, Ronaldinho a fait des étincelles, délivrant des caviars comme à sa plus belle période, une ouverture géniale pour Pato (22), un « elastico » suivi d'un centre aveugle digne de Pelé pour Zambrotta (59) - qui a tout gâché en simulant un penalty (M. Webb l'a averti) - ou une talonnade pour Pato (61). Ce n'est plus le Ballon d'or 2006, mais il a encore de l'éclat.
Groupe D : Porto s'incline et Chelsea prend la tête du groupe D
Le FC Porto, déjà qualifié pour les 8es de finale de la Ligue des champions, a été battu hier soir à domicile par Chelsea (1-0), grâce à un but de l'international français Anelka, qui prend définitivement la tête du groupe D.
Le but d'Anelka à la 69e minute tue les espoirs des Portugais de prendre la tête du groupe D et rappelle le score du 15 septembre dernier, où Porto s'était également incliné 1 à 0 à Londres.
Après une première partie où aucune des deux équipes ne s'imposait, Anelka ouvrait le score en seconde mi-temps. À partir de là, les joueurs de Porto rataient plusieurs occasions de marquer et peinaient à percer la défense de l'équipe anglaise.
Ce match était marqué par le retour de deux anciennes gloires du FC Porto : le défenseur Ricardo Carvalho et surtout le meneur de jeu Deco.
Les deux internationaux portugais, qui jouaient à Porto lorsque le club a remporté la Ligue des champions Porto en 2004, ont été ovationnés par les plus de 36 000 spectateurs dès leur entrée sur la pelouse du stade de Dragon.
Le face-à-face entre l'Atletico Madrid et l'Apoel Nicosie à Chypre s'est terminé sur le score nul de 1-1. L'Atletico qui n'a que 3 points était, depuis la quatrième journée, déjà hors course. Les Blues, avec 13 points, ont quant à eux déjà assuré leur première place.

