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Liban - Éclairage

Nouvelle page au Nouvel An : Assad attendu à Baabda début janvier

La rencontre de travail que le président Michel Sleiman a pu avoir à Damas avec le président Bachar el-Assad, la veille de la visite que ce dernier a effectuée à Paris, produit sur la scène locale des effets de détente accentuée. C'est ce qu'en attestent de multiples déclarations de politiciens, qui y voient un point d'orgue au soulagement suscité par la mise en place d'un cabinet d'union, après cinq mois de gestation. Ils ajoutent que la démarche du président Sleiman inaugure un cycle d'échanges bilatéraux intensifiés, englobant le passage à Beyrouth de divers responsables syriens de rangs variables. Le tout devant être couronné par une visite que le président Assad rendrait à Baabda début janvier.
Mais auparavant, c'est le nouveau chef du gouvernement Saad Hariri qui devra gagner les rives du Barada. À ce propos, des visiteurs retour de Damas indiquent que pour les Syriens, c'est surtout cette visite qui devra marquer l'ouverture d'une nouvelle page relationnelle entre les deux pays. Ce qui se comprend aisément : ce n'est pas avec les pôles opposants libanais, leurs bons amis, que les Syriens ont besoin d'établir de nouveaux rapports. En tout cas, selon les témoins cités, les Syriens promettent des relations différentes que par le passé. Il s'agirait principalement de les limiter, autant que faire se peut, à un cadre d'État à État, entre institutions publiques respectives, alors qu'auparavant, les Syriens traitaient surtout avec les fractions privées, partis ou courants. Toujours selon les visiteurs libanais retour de Damas, les Syriens auraient l'intention de marquer le changement par un geste symbolique, en remplaçant dès janvier leur ambassadeur à Beyrouth, pourtant fraîchement nommé. L'explication avancée est que l'ambassadeur Ali Abdel Karim n'a été désigné que pour ouvrir la chancellerie. À preuve que, depuis son arrivée, son activité s'est réduite à rendre visite deux fois au palais présidentiel, au président de la Chambre, au ministre des Affaires étrangères, au président Émile Lahoud et au président Sélim Hoss. Un agenda tout à fait négligeable, sur le plan quantitatif s'entend, quand on voit le carrousel incessant des autres diplomates accrédités à Beyrouth, auprès d'une pléthore de pôles locaux et même de personnalités du second rang. Une retenue syrienne d'autant plus remarquable que la Syrie reste, de loin, le joueur étranger le plus important sur la scène de son voisin libanais. Les sources citées indiquent ensuite que les Syriens comptent cette fois, ouverture oblige, nommer à Beyrouth un ambassadeur de religion chrétienne.
Mais retour à la visite du président Sleiman à Damas. Certains affirment que l'un de ses effets peut être déjà touché du doigt sur le terrain. Ils se réfèrent à la décision prise par l'État libanais, en coordination et en coopération avec les députés de la région de Baabda, ainsi qu'avec les pôles de la banlieue sud de Beyrouth, de faire désormais acte de présence dans cette zone, par le truchement de ses forces régulières, police et, éventuellement, armée. On sait en effet que la région, baptisée périmètre de sécurité, échappait jusque-là au contrôle public.
Tout autant que sa propre relance en Syrie, la visite du président Assad en France aura permis au président Sleiman de consolider ses assises. Pour mieux préparer, et engager, le processus de réformes élargies qu'il entend mener à bien durant son mandat. Ainsi que pour mieux orienter les débats du dialogue national placés sous son égide. On sait en effet que les rencontres avaient été suspendues avant les législatives, sous promesse de reprise après le scrutin et la formation d'un nouveau cabinet. L'ordre du jour reste le même : la stratégie de défense, donc les armes du Hezbollah, et les réformes. Par contre, le panel des participants est appelé à être légèrement modifié, en fonction des données nouvelles de représentation dégagées par les élections. Ce à quoi s'attelle le président Sleiman, avec le concours de ses assistants. Des sources informées croient savoir que le nombre des invités (14 au départ) ne risque d'être élargi que de deux ou trois sièges. Il y aurait MM. Berry et Raad pour les chiites ; Hariri, Siniora et Safadi pour les sunnites ; Gemayel, Aoun, Geagea, Harb, Sleimane Frangié pour les maronites ; Michel Murr et Makari pour les grecs-orthodoxes ; Joumblatt et Arslane pour les druzes ; Michel Pharaon, pour les grecs-catholiques et Pakradounian pour les arméniens. L'idée d'un côté de la table qui serait réservé en permanence à des experts en économie, ou aux organismes économiques, n'est pas retenue. Car, le cas échéant, le comité peut faire appel à leurs lumières et les consulter au cas par cas.
Il reste à signaler qu'à l'occasion de son discours pour la fête de l'Indépendance, le président Sleiman pourrait faire des annonces importantes concernant l'action étatique, ou les relations extérieures.
La rencontre de travail que le président Michel Sleiman a pu avoir à Damas avec le président Bachar el-Assad, la veille de la visite que ce dernier a effectuée à Paris, produit sur la scène locale des effets de détente accentuée. C'est ce qu'en attestent de multiples déclarations de politiciens, qui y voient un point d'orgue au soulagement suscité par la mise en place d'un cabinet d'union, après cinq mois de gestation. Ils ajoutent que la démarche du président Sleiman inaugure un cycle d'échanges bilatéraux intensifiés, englobant le passage à Beyrouth de divers responsables syriens de rangs variables. Le tout devant être couronné par une visite que le président Assad rendrait à Baabda...
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