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Visite discrète de Sarkozy à Ryad pour renforcer les liens franco-saoudiens

Le président français Nicolas Sarkozy est attendu mardi à Ryad pour une visite aux allures de séjour privé destinée à resserrer les liens entre la France et l'Arabie saoudite, un acteur incontournable de la scène diplomatique dont les dollars font saliver les entreprises tricolores.

Conduit au pas de charge, le premier déplacement du chef de l'Etat français dans le royaume wahhabite, en janvier 2008, avait quelque peu laissé le roi Abdallah et son entourage sur leur faim. Celui que le monarque octogénaire a surnommé le "cheval fougueux" y avait enchaîné au triple galop entretiens et discours, avant de repartir pour le Qatar.

Le roi Abdallah a invité Nicolas Sarkozy à passer la nuit dans son "ranch" personnel, non loin de la capitale saoudienne. Une visite "de nature privée", dit-on dans l'entourage royal, afin de "renforcer les liens" et "élargir le spectre des relations".

Car, malgré ces couacs de forme, Ryad suit avec intérêt l'énergie déployée par le locataire de l'Elysée sur la scène internationale, à l'heure où ses alliés américain et britannique semblent moins attentifs à son endroit. "Les Français ont été à l'origine de grands débats", note un conseiller royal.

Sans surprise, les questions régionales occuperont une large part des conversations du roi et du président, à commencer par le blocage du processus de paix entre Israël et les Palestiniens.

Hasard du calendrier ou tentative discrète de renouer les fils du dialogue, Nicolas Sarkozy s'est entretenu ces derniers jours, de vive voix ou au téléphone, avec les principaux protagonistes du dossier, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président syrien Bachar al-Assad et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Hormis un terne communiqué, la présidence française est resté muette sur le fond de ces discussions. Mais, selon le quotidien israélien Haaretz, le président français aurait ressorti des cartons sa proposition d'une conférence internationale de paix à Paris, jusque-là restée lettre morte.

Sur ce dossier, la position ferme de la France sur l'indispensable gel de la colonisation israélienne est très appréciée des Saoudiens, tout comme celle qu'elle exprime sur le nucléaire iranien.

Sur les autres sujets, les deux capitales sont au diapason. Un temps inquiet de la main tendue par Paris à Damas, le roi Abdallah s'est lui aussi rapproché de la Syrie. De même qu'il s'est investi pour la formation d'un gouvernement d'union au Liban.

Seule ombre au tableau, l'Irak où Ryad entretient des relations orageuses avec le Premier ministre Nouri el-Maliki.

M. Sarkozy recevait lundi soir le président irakien Jalal Talabani au début d'une visite d'Etat de quatre jours

Le président français compte aussi profiter de son séjour pour pousser l'avantage des entreprises françaises. Début 2008, il avait évoqué de "gros contrats à venir" pour un montant potentiel d'une "quarantaine de milliards d'euros". Mais jusque-là, aucun ne s'est concrétisé.

En haut de la liste, un accord de coopération sur le nucléaire civil qui offrirait au royaume saoudien, qui a déjà signé un texte équivalent avec les Américains, la technologie française. La France espère également placer des frégates et des hélicoptères militaires, et décrocher la construction d'un TGV entre La Mecque et Medine.

Les discussions ne semblent toutefois pas encore mûres, puisque Paris comme Ryad n'anticipent aucune "annonce" à la faveur du séjour présidentiel.

Après une nuit en Arabie, Nicolas Sarkozy remettra le cap mercredi sur Paris, après un détour par Doha pour y récupérer son épouse Carla, au Qatar pour le lancement d'une fondation pour l'enfance par l'une des épouses du cheikh.

Le président français Nicolas Sarkozy est attendu mardi à Ryad pour une visite aux allures de séjour privé destinée à resserrer les liens entre la France et l'Arabie saoudite, un acteur incontournable de la scène diplomatique dont les dollars font saliver les entreprises tricolores.
Conduit au pas de charge, le premier déplacement du chef de l'Etat français dans le royaume wahhabite, en janvier 2008, avait quelque peu laissé le roi Abdallah et son entourage sur leur faim. Celui que le monarque octogénaire a surnommé le "cheval fougueux" y avait enchaîné au triple galop entretiens et discours, avant de repartir pour le Qatar.
Le roi Abdallah a invité Nicolas Sarkozy à passer la nuit dans son "ranch" personnel, non loin de...