« Ce sont les murs, a-t-il dit, qui ont poussé 80 millions d'Arabes sur un total de 320 millions à vouloir émigrer à la recherche d'une vie meilleure. »
Dans le même ordre d'idée, M. Joumblatt a soulevé de nombreuses interrogations avant de s'arrêter sur le volet libanais : « Quand est-ce que le mur de la discrimination contre les réfugiés palestiniens privés d'un minimum de vie décente tombera-t-il ? Quand-est-ce que le tour du mur de la possibilité illusoire de préserver la neutralité du Liban dans le conflit avec Israël tombera-t-il, surtout qu'on essaie de remplacer le texte de Taëf relatif à l'accord d'armistice et aux relations privilégiées avec la Syrie par un autre, en oubliant les divisions internes que ces théories avaient provoquées et qui risquent d'être ressuscitées ? Quand est-ce que les murs du confessionnalisme et du sectarisme détestables qui ont conduit le système politique vers l'impasse tomberont-ils ? Il est nécessaire de former la commission nationale pour l'abolition du confessionnalisme politique afin qu'elle puisse sortir ce système de ses contraintes confessionnelles. Dans le même temps, une nouvelle loi électorale permettant l'accession de nouvelles élites politiques à la Chambre devra être promulguée. Une nouvelle loi du statut civil doit aussi être votée. »
Poursuivant sur sa lancée, M. Joumblatt s'est interrogé sur le point de savoir quand cesseront les craintes d'un livre d'histoire unifié « qui fera la lumière sur les circonstances dans lesquelles la guerre civile s'était déroulée et qui mettra les choses dans leur contexte précis, notamment après la confirmation de l'idéologie de l'armée ».
Il a conclu en jugeant nécessaire de « ne pas craindre la nouvelle déclaration ministérielle afin qu'il soit possible d'immuniser le Liban politiquement, économiquement, militairement et de manière consensuelle pour faire face aux projets hostiles israéliens ». « Le bateau intercepté (la semaine dernière par la marine israélienne) est une nouvelle preuve qu'Israël n'hésitera pas à trouver ou à inventer des prétextes pour provoquer une tension avec le Liban ou pour justifier plus tard une attaque », a-t-il fait remarquer.


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