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Liban - Éclairage

Les largesses de Hariri : une manière de prévenir un coup israélien

Selon des loyalistes informés, citant des sources diplomatiques occidentales encore plus au courant (du futur), les capitales ont confirmé aux autorités libanaises qu'Israël préparerait un coup contre le Liban. Pour exploiter à son avantage un vide gouvernemental qu'hier en journée il espérait voir se prolonger longtemps encore. D'après cette notification, l'intensification des violations israéliennes de l'espace aérien libanais constituent un solide signe avant-coureur d'une agression contre le Sud. Prenant ces visées au sérieux, le Premier ministre désigné s'est donc efforcé d'accélérer la mise en place d'un nouveau gouvernement. En se résignant à un surcroît de concessions face à Michel Aoun et à la stratégie rampante du Hezbollah.
Mais c'est comme l'histoire du bras que l'on risque de se faire arracher quand on cède un doigt. Le général Aoun, et derrière lui le Hezbollah, ont encore relevé le plafond de leurs exigences. En réponse, un député membre du bloc Liban d'abord affirme que son chef de file n'a nulle intention de céder encore du terrain. Sauf que, reconnaît-il, il ne se braque pas contre le nouveau refrain demandant que la déclaration ministérielle à venir assure une couverture légale à la Résistance. Saad Hariri pense en effet qu'une friction à ce propos n'aurait pas lieu d'être puisque la question des armes du Hezbollah est soumise à l'étude du comité national de dialogue, dans le cadre du débat sur une stratégie de défense nationale.
Sur le plan des tractations, les loyalistes ont vivement protesté, dans la journée d'hier, contre les nouvelles revendications que le général a formulées lundi. Il veut, en effet, rajouter l'Économie aux Télécoms, à l'Énergie et au Tourisme dans son escarcelle ministérielle, tout en refusant les Déplacés. Il répète que les portefeuilles qu'on lui propose ne sont pas à la mesure de l'importance de son bloc parlementaire ni de son statut de leader chrétien.
Cette relance génère une divergence d'évaluation au sein du 14 Mars. Certains y voient la seule main de l'Iran. D'autres pensent que la Syrie y est également pour quelque chose, malgré ses gesticulations conciliatrices. Pour eux, Téhéran et Damas se sont répartis les rôles sur la scène libanaise, suivant le bon vieux schéma policier du bon et du méchant. Ces cadres loyalistes sceptiques affirmaient donc hier, en journée, qu'en bonne logique, du simple fait de la proximité géopolitique comme de leur meilleure connaissance du dossier local, les Syriens devraient être capables de faciliter la formation du gouvernement libanais, s'ils le voulaient vraiment, quoi que l'Iran puisse en penser. Et le Hezbollah, alors ? Les loyalistes répondent que même ce parti, spirituellement rattaché à l'Iran, ne peut aller contre une volonté syrienne affichée avec détermination, car son principal fournisseur reste Damas.
En tout cas, et toujours dans la journée d'hier, les majoritaires continuaient à répéter que le 8 Mars, et ses alliés organiques, se comportent comme s'ils avaient remporté les législatives. En exigeant un double pouvoir. D'abord de contrer les loyalistes et les centristes du président de la République, en Conseil des ministres, quand cela leur chante, au titre que toute décision doit être prise à l'amiable. Ensuite, disposer de plus de portefeuilles-vedettes, juteux ou politiquement lourds, que leurs vis-à-vis. Bien entendu, les loyalistes concluent sur ce point en dénonçant l'épée de Damoclès des armes du Hezbollah et la menace d'un 7 mai bis. Les majoritaires donnent donc raison au patriarche Sfeir quand il relève que la démocratie et les armes miliciennes ne vont pas ensemble.
Hier en journée, les opposants continuaient pour leur part à imputer aux majoritaires les entraves à la formation du cabinet, ainsi que la détérioration du climat politique. Ils ont particulièrement ciblé Samir Geagea, partisan comme on sait d'un gouvernement monochrome en cas d'échec de la formule d'union. Les prosyriens ont été jusqu'à soutenir que ce sont les positions du chef des FL qui ont torpillé un accord Hariri-Aoun déjà pratiquement conclu, à les en croire. Étendant leurs critiques au président Gemayel, les opposants affirmaient, hier en journée, que les chrétiens du 14 Mars ne veulent absolument pas que Michel Aoun soit mis en vedette à travers la composition du gouvernement ni qu'il conserve les Télécoms. Les prosyriens parlent à leur tour de répartition des rôles en face : tandis que Samir Geagea traite de la nature du gouvernement, Amine Gemayel refuse que la déclaration ministérielle légalise les armes du Hezbollah.
Le mot de la fin appartient à une tierce partie : un ancien ministre qui se dit écœuré par les prestations des uns ou des autres, leurs manigances et leurs manœuvres, à un moment où le pays, exsangue, cherche son souffle économique, financier, social et même sécuritaire.
Selon des loyalistes informés, citant des sources diplomatiques occidentales encore plus au courant (du futur), les capitales ont confirmé aux autorités libanaises qu'Israël préparerait un coup contre le Liban. Pour exploiter à son avantage un vide gouvernemental qu'hier en journée il espérait voir se prolonger longtemps encore. D'après cette notification, l'intensification des violations israéliennes de l'espace aérien libanais constituent un solide signe avant-coureur d'une agression contre le Sud. Prenant ces visées au sérieux, le Premier ministre désigné s'est donc efforcé d'accélérer la mise en place d'un nouveau gouvernement. En se résignant à un surcroît de concessions face à Michel...
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