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Liban - Justice

Ordre des avocats : élections ajournées à Beyrouth et grève ouverte à Tripoli

Alors qu'à Beyrouth les élections de l'ordre des avocats étaient ajournées faute de quorum, un incident a éclaté au Sérail de Tripoli poussant les avocats du Nord à décréter une grève ouverte.
Un incident a éclaté hier au Sérail de Tripoli alors que se tenait l'assemblée générale ordinaire de l'ordre des avocats de Tripoli pour l'élection de deux membres du conseil de l'ordre. Dans les faits, les FSI avaient pris, comme à l'accoutumée, des mesures strictes en ce qui concerne l'accès au parking du Sérail. Ainsi, les seules personnes autorisées à garer leur véhicule dans l'enceinte du bâtiment étaient le bâtonnier Antoine Ayrout ainsi que les membres du conseil de l'ordre. Or une avocate membre du bureau de l'ancien bâtonnier de l'ordre, Abdelrazzak Dabliz, est arrivée à bord de son véhicule et a exigé de le garer dans l'enceinte du Sérail, ce qui lui a été refusé par les membres des FSI en charge de la sécurité. M. Ayrout est alors lui-même intervenu et a pris le volant du véhicule de l'avocate, pensant peut-être pouvoir contourner l'interdiction des FSI, sans succès.
Le climat s'est alors envenimé ; puis l'avocat Tony Frangié est également arrivé et a insisté pour garer sa voiture à l'intérieur du Sérail, et devant le refus du policier en poste, il s'en est pris à lui, et selon le communiqué publié par les FSI, hier, « il lui a déchiré son uniforme », ce qui a obligé l'agent des FSI à se défendre. À la chaîne de télévision NTV, le bâtonnier Antoine Ayrout a affirmé que « les gardes du Sérail m'ont empêché de faire rentrer la voiture du bâtonnier Abdelrazzak Dabliz dans l'enceinte du Sérail et ils ont frappé l'avocat Tony Frangié ».
De leur côté, les Forces de sécurité intérieure ont publié un communiqué dans lequel elles ont affirmé qu'à l'occasion de l'élection de deux membres du conseil de l'ordre le 1er novembre, une réunion s'est tenue entre le chef des FSI de Tripoli Bassam Ayoubi et le bâtonnier de l'ordre de Tripoli Antoine Ayrout. Ce dernier a demandé que les membres du conseil de l'ordre soient autorisés à garer leur voiture dans l'enceinte du Sérail, de même que les avocats Amal Mokaddem et Ziad Frangié. C'est en se basant sur cette requête que les ordres ont été donnés en ce sens aux membres des FSI chargés de surveiller les lieux. À 11h, un véhicule de type Pajero de couleur bleue, au numéro d'immatriculation 9445 et appartenant à Gergès Youssef Finianos, au volant duquel se trouvaient une dame et l'avocat Tony Frangié, a tenté d'accéder au parking du Sérail, et l'agent en charge de la sécurité leur a fait savoir qu'ils ne pouvaient être autorisés à se garer à l'intérieur. La voiture s'est alors garée devant la porte du Sérail, ce qui a gêné le passage des voitures (...). Une unité des FSI de Tripoli a alors tenté de convaincre M. Frangié de déplacer le véhicule afin qu'elle puisse accéder au Sérail, et c'est là que l'avocat précité a insulté les membres des FSI et les a bousculés (...). C'est alors que le bâtonnier de Tripoli est monté à bord du véhicule de type Pajero afin de le faire rentrer dans l'enceinte du Sérail, mais il en a été empêché (...), surtout qu'il avait déjà garé son véhicule personnel à l'intérieur.
« La direction générale des FSI tient à souligner qu'elle veille à préserver les excellents rapports qu'elle entretient avec les deux ordres des avocats au Liban (...) et elle ne se sent absolument pas concernée par les élections » qui se déroulaient à Tripoli, a expliqué le communiqué. « Les FSI n'ont fait que leur devoir dans le cadre de la loi, car elles veillent à la sécurité et à la préservation de l'ordre public, toujours dans le cadre de ce qui avait été convenu entre le bâtonnier de Tripoli et le chef des FSI de Tripoli. Les FSI tiennent également à préciser que tout laxisme, ou toute décision arbitraire, aurait été de nature à causer le désordre et à provoquer des problèmes qui auraient pu avoir un impact négatif sur le bon déroulement de l'opération électorale », a-t-il ajouté.

Le 14 Mars dénonce l'incident
Une enquête est actuellement en cours pour déterminer les circonstances de l'incident, mais, pour l'heure, l'ordre de Tripoli a décrété une grève ouverte en signe de protestation contre ce qu'il estime être une atteinte à la dignité des avocats. Un communiqué publié en ce sens a mis l'accent sur « l'interdiction faite au véhicule du bâtonnier Abdelrazzak Dabliz, conduit par le bâtonnier Antoine Ayrout, de rentrer dans l'enceinte du Sérail » et sur les « coups assénés par les forces de l'ordre à l'avocat Tony Frangié qui se trouvait avec M. Ayrout ». Après une réunion d'urgence, le conseil de l'ordre a d'autre part décidé d'observer une grève ouverte, à compter du 2 novembre, et le bâtonnier ainsi que les membres du conseil de l'ordre ont demandé à être informés des détails de l'incident et ont décidé de prendre les mesures légales adéquates.
Les avocats membres du 14 Mars ont de leur côté dénoncé l'incident et ont immédiatement annoncé leur « solidarité avec le bâtonnier et le conseil de l'ordre ». Ils ont souhaité que « les mesures adéquates puissent être prises pour que de tels incidents ne se répètent pas à l'avenir, et ce afin que la dignité des avocats et celle de l'institution sécuritaire puissent être préservées ».
Dénonçant également l'incident, la Rencontre nationale des avocats du Nord a estimé que la prise de position des membres des FSI va « à l'encontre de toutes les coutumes et de toutes les traditions » et que « cette agression concerne tous les avocats ». La Rencontre a appelé le ministre de l'Intérieur, Ziyad Baroud, et le ministre de la Justice, Ibrahim Najjar, à prendre les mesures adéquates.
Quant aux élections, elles n'ont pu être menées à bien devant l'absence de quorum nécessaire pour leur déroulement. Selon un avocat de Tripoli, qui a demandé à garder l'anonymat, « le 8 Mars avait deux candidats, dont l'un refusait de se retirer au profit du candidat officiel, sous prétexte qu'il se présentait en tant qu'indépendant, alors qu'en fait il bénéficiait du soutien plein et entier du bâtonnier de l'ordre, et, de ce fait, le quorum n'a pu être garanti ». « En ce qui concerne l'incident de ce matin, nous ne savons pas encore si l'ordre de Beyrouth compte se solidariser avec nous, même si, en général, il est coutume que l'ordre observe un jour de grève en signe de solidarité », a ajouté l'avocat. En soirée, l'ordre de Beyrouth annonçait qu'une grève de 24h sera observée aujourd'hui dans la capitale.

Élections ajournées à Beyrouth
Sur un autre plan, l'ordre des avocats de Beyrouth a publié hier un communiqué dans lequel il a annoncé le report des élections au 15 novembre « pour cause d'absence de quorum, conformément à l'article 38 et suivants de la loi régissant la profession d'avocat ». Dans les faits, seuls 47 avocats se sont rendus hier à l'assemblée générale ordinaire pour élire les membres du conseil de l'ordre, le nouveau bâtonnier et les membres de la Caisse des retraites. L'ancien bâtonnier Raymond Eid, qui présidait l'assemblée - le bâtonnier actuel Ramzi Joreige se trouvant actuellement à l'étranger -, a mis en relief « les circonstances politiques difficiles », avant d'indiquer que « l'ordre ne se mêle pas de politique, mais de l'intérêt national, puisque l'une de ses fonctions principales est de légiférer et de défendre les droits de l'homme et de prendre part au pouvoir judiciaire que l'ordre désire totalement indépendant ».

Un incident a éclaté hier au Sérail de Tripoli alors que se tenait l'assemblée générale ordinaire de l'ordre des avocats de Tripoli pour l'élection de deux membres du conseil de l'ordre. Dans les faits, les FSI avaient pris, comme à l'accoutumée, des mesures strictes en ce qui concerne l'accès au parking du Sérail. Ainsi, les seules personnes autorisées à garer leur véhicule dans l'enceinte du bâtiment étaient le bâtonnier Antoine Ayrout ainsi que les membres du conseil de l'ordre. Or une avocate membre du bureau de l'ancien bâtonnier de l'ordre, Abdelrazzak Dabliz, est arrivée à bord de son véhicule et a exigé de le garer dans l'enceinte du Sérail, ce qui lui a été...
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