Les vertèbres forment un décor floral, tandis qu'une horloge constituée uniquement d'os représente le thème éternel de la fuite du temps. Des moines momifiés, encore revêtus de leur robe de bure marron, veillent sur les lieux dans des niches ou appuyés contre des murs. C'est dans cet endroit quelque peu angoissant que les moines capucins venaient prier avant de se retirer pour la nuit, en réfléchissant à ce message : « La mort ferme les portes du temps et ouvre celles de l'éternité », raconte le site Internet de l'église.
Pour les âmes en peine, une visite s'impose au musée des âmes du purgatoire, installé dans la seule église néogothique de Rome. Rassemblée au XIXe siècle par le père Victor Jouet, une collection digne de la série américaine X-Files s'offre aux visiteurs, notamment d'étranges traces censées être des empreintes de main laissées par des « esprits » sur des vêtements ou des livres de prières pour que l'on prie pour leur salut.
Un peu plus loin sur les rives du Tibre, on trouve l'église Sainte-Marie de l'Oraison et des Morts, où étaient enterrés les cadavres abandonnés.
Cette église du XVIe siècle présente une façade ornée de crânes couronnés de laurier.
Un sympathique squelette tient une bannière proclamant en latin « Hodie mihi cras tibi » : « Moi aujourd'hui, toi demain. » Dans la crypte, la partie supérieure d'un squelette avec un bras levé qui semble dire « salut » est installée au dessus d'un bénitier.
Seule une chambre funéraire subsiste d'un ensemble qui a contenu près de 8 000 corps jusqu'à la fin du XIXe siècle, lorsque les caveaux ont été détruits pour construire les digues de pierres destinées à contenir les flots du Tibre. Un candélabre fait de vertèbres rappelle cette époque bénie.
Pour ceux qui sont attirés par le morbide, mais aussi le grotesque, rendez-vous dans une église baroque en face de la Fontaine de Trévi : ici s'accumulent les entrailles de dizaines de papes, les dernières étant celles de Léon XIII, décédé en 1903. Cette tradition lugubre a débuté avec Sixte V (1520-1590), qui s'interrogeait sur la manière dont les corps des papes seraient recomposés lors de la Résurrection générale, lorsque les âmes des morts reviendraient pour le Jugement dernier.
À la basilique Saint-Pierre, le visiteur est accueilli par la dépouille mortelle embaumée du pape Jean XXIII (1881-1963), qui repose dans une vitrine dans le collatéral droit. Bien que Rome soit renommée pour ses catacombes, ces cimetières souterrains, qui comptent des milliers de niches funéraires, sont dépourvus de squelettes, du moins dans les parties ouvertes au public.
Mais les squelettes et autres reliques insolites ne manquent pas à Rome, que ce soit le bras de saint François-Xavier à l'église Saint-Ignace ou le doigt de Saint-Thomas à Sainte-Croix de Jérusalem.


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