Pour ces milieux, le nœud réside actuellement dans les nuances séparant la Syrie de l'Iran au sujet du dossier libanais et ce qu'on estime être un début de désaccord entre Damas et Téhéran autour de la question gouvernementale libanaise.
La Syrie, à en croire des informations diffusées par ses alliés au Liban, a semble-t-il promis de faciliter la mise en place du cabinet. C'est en tout cas l'impression qui prévaut actuellement, dans la mesure où les prises de position du député Sleimane Frangié, fidèle parmi les fidèles, vont dans ce sens.
On sait que M. Frangié a accepté, dans le principe, de ne se voir attribuer aucun portefeuille au sein du gouvernement et de se contenter d'un ministère d'État pour le représentant des Marada. Il est même allé plus loin en faisant savoir qu'il était disposé à céder le ministère qui lui reviendrait si cela était de nature à faciliter le processus.
Ces prises de position du leader de Zghorta ont d'ailleurs été annoncées après un contact entre lui et le président syrien, lui-même survenu à la suite d'un entretien au téléphone entre ce dernier et son homologue libanais, Michel Sleiman.
De même, les positions du président de la Chambre, Nabih Berry, et de son entourage traduisent cette volonté syrienne d'ouvrir la voie à la formation du gouvernement.
En revanche, les milieux de la majorité estiment que les développements dans la région, en particulier l'attentat perpétré en Iran, puis celui de Bagdad, ainsi que le gel de la réconciliation interpalestinienne et les difficultés entravant les négociations sur le dossier nucléaire, portent à croire que l'Iran, l'un des principaux acteurs sur la scène libanaise, préférerait pour le moment temporiser au sujet du processus gouvernemental et laisser ainsi la voie ouverte à toutes les éventualités.
En conséquence, le 14 Mars fait assumer au Hezbollah la responsabilité du retard dans la mise en place du cabinet, en accusant ce parti de chercher à se cacher derrière les doléances du chef du CPL, le général Michel Aoun, et prétextant du fait que nul ne saurait faire pression sur ce dernier.
La majorité appelle donc les responsables de l'opposition à trancher, tout comme ils l'avaient fait lorsqu'il s'agissait d'adopter la formule 15/10/5.
Sur un autre plan, des démarches sont actuellement entreprises en vue de la formation d'un rassemblement de personnalités prosyriennes, similaire à celui que présidait l'ancien ministre Omar Karamé, il y a quelques années.


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