Un tuyau relie son camion, un ancien bus scolaire, à la cuve des huiles usagées d'un restaurant, dont le personnel est attroupé dans la rue, avec un groupe de badauds. « Toute l'expérience dépend entièrement de la bonne volonté des gens que je rencontre. Que ce soit pour trouver de l'huile ou pour obtenir les visas des pays que je traverse», explique cet ancien technicien et ancien journaliste, mélange d'humour et de sérieux, qui a fait sienne la devise « Make fuel, not war».
Le pari de cette entreprise (biotruckexpedition.org), dit-il, est le suivant : « Pour réduire le risque d'une augmentation de 5 % des températures globales, les pays du G20 ont décidé de réduire les émissions de CO2 à deux tonnes par personne et par an, d'ici à 2050. Mais qu'est-ce qu'on peut faire avec deux tonnes de carbone ? Je veux essayer de faire le tour du monde avec moins de deux tonnes. »
Et faire la preuve concrète, sur la route, au jour le jour, qu'il est possible de rouler pour rien, en utilisant des déchets alimentaires. « Si je n'utilisais pas cette huile, elle se transformerait en méthane, dans la plupart des cas... et le méthane participe plus au réchauffement climatique que le dioxyde de carbone. Donc on peut soutenir que ça a une sorte d'impact positif sur la quantité totale de CO2 dans l'atmosphère. » « Je suis suivi par un consultant, le cabinet britannique Terra Ambiante, qui évalue en permanence ma consommation d'énergie, pour me déplacer et pour toutes mes autres activités, même quand je prends une douche », explique-t-il.
Le bus, un vieux Mercedes à la peinture fatiguée, est équipé de panneaux solaires. Sous la couchette arrière, un gros réservoir cylindrique, des filtres, un système de préchauffage de l'huile, un enchevêtrement de tuyaux jusqu'au moteur. Et ça marche, dans une franche odeur de friture.
« Je vais peut être échouer lamentablement dans ma démonstration, mais ça ne fait rien, j'aurai montré à quel point il est difficile de passer de 12 tonnes de carbone - comme c'est le cas en Grande-Bretagne en ce moment - à deux tonnes, par personne et par an. » Parti de Londres le 19 septembre et financé par une trentaine de sponsors pour la plupart britanniques, Andy Pag, qui a déjà à son actif un rallye écolo en Grèce et un périple à Tombouctou dans un véhicule propulsé par du... beurre de cacao, est arrivé cette semaine à Istanbul. Il traversera l'Iran, pays pour lequel il a obtenu un visa. La suite est en pointillés. « On m'a prévenu que le Pakistan serait difficile, qu'il faudrait peut être que j'accepte de me faire escorter par l'armée », raconte Andy, qui convient que la mobilisation d'un tel convoi alourdirait considérablement son bilan carbone.
La France et l'Italie n'ont pas été des pays faciles, convient Andy. « Les restaurateurs ne comprenaient pas ce que je faisais, ce que je voulais. » Dans de nombreux pays, il est interdit d'utiliser l'huile végétale comme carburant automobile. En France, l'utilisation n'est autorisée qu'aux agriculteurs, pour leurs besoins personnels.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine