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Nucléaire : l'Iran dément avoir discuté avec Israël

Israël a admis, jeudi, avoir mené avec l'Iran, pour la première fois depuis 1979, des discussions sur la dénucléarisation, une annonce aussitôt démentie par Téhéran.

L'État hébreu a par ailleurs fait part de son inquiétude à la perspective d'un éventuel accord sur l'enrichissement à l'étranger d'une partie de l'uranium iranien à usage civil.

"Il y a eu des rencontres entre une représentante de la commission pour l'énergie atomique d'Israël et un officiel iranien dans un cadre régional", a affirmé à l'AFP Yaël Doron, une porte-parole de cette commission. "Ces rencontres se sont déroulées à huis clos et leur tenue n'aurait pas dû être révélée, mais l'Australie qui les organisées a jugé bon d'en faire état", a-t-elle regretté, sans donner d'autres détails. Ces échanges ont eu lieu dans le cadre d'une conférence organisée dans un grand hôtel du Caire sous l'égide d'un comité -la Commission internationale pour la non-prolifération nucléaire et le désarmement- dirigé par l'ancien chef de la diplomatie australienne, Gareth Evans. Cette conférence a réuni une trentaine de personnalités de nombreux pays, dont l'Égypte, la Jordanie et l'Arabie saoudite notamment.

Israël y était représenté par l'ex-ministre des Affaires étrangères Shlomo Ben Ami et par la directrice du suivi pour le contrôle des armements nucléaires de la Commission pour l'énergie atomique d'Israël, Meirav Zafary-Odiz. L'Iran était de son côté représenté par son délégué auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Ali Ashgar Soltanieh.

Téhéran a immédiatement qualifié ces informations de "mensongères". "Cet acte de propagande vise à affecter le succès de la diplomatie iranienne lors des réunions de Genève et Vienne" avec les grandes puissances pour apaiser les tensions sur le programme nucléaire controversé iranien, a déclaré le porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Ali Shirzadian, cité par le site internet de la télévision d'État.

La République islamique d'Iran, créée après la révolution de 1979, ne reconnaît pas l'État d'Israël et son président Mahmoud Ahmadinejad a prédit qu'Israël serait "rayé de la carte".

Selon une personnalité égyptienne qui y a assisté, la réunion au Caire a été "polémique" et marquée par des "échanges d'accusations". "Soltanieh a déclaré que les Iraniens n'avaient pas la bombe atomique et ne voulaient pas l'avoir, mais les Israéliens ont répondu que ce n'était pas vrai", a expliqué à l'AFP ce participant.

Israël accuse l'Iran, qui dément, de vouloir se doter de l'arme atomique et considère le programme nucléaire iranien couplé à la construction de missiles à longue portée comme "une menace existentielle". L'État hébreu n'a pas écarté une action militaire contre les installations nucléaires de l'Iran. Selon des experts étrangers, Israël compterait jusqu'à 200 ogives nucléaires.

Lors de la conférence du Caire, le représentant iranien a demandé directement à Mme Zafary-Odiz si Israël disposait de l'arme nucléaire, et celle-ci s'est contentée de sourire sans répondre, selon le quotidien israélien "Haaretz" qui a sorti l'affaire jeudi. La représentante israélienne a dit, toujours selon "Haaretz", que son pays était d'accord sur le principe de discussions sur une dénucléarisation du Moyen-Orient, mais qu'il fallait renforcer la sécurité régionale et conclure des arrangements de paix avant qu'Israël ne puisse s'engager dans de tels pourparlers.

Mme Zafary-Odiz a aussi fait valoir qu'Israël vivait dans un contexte géostratégique complexe, en accusant quatre pays de la région -l'Irak, l'Iran, la Libye et la Syrie- d'avoir au cours des dernières trois décennies violé leur engagement à respecter le Traité de non prolifération nucléaire, selon le journal.


L'État hébreu a par ailleurs fait part de son inquiétude à la perspective d'un éventuel accord sur l'enrichissement à l'étranger d'une partie de l'uranium iranien à usage civil.
"Il y a eu des rencontres entre une représentante de la commission pour l'énergie atomique d'Israël et un officiel iranien dans un cadre régional", a affirmé à l'AFP Yaël Doron, une porte-parole de cette commission. "Ces rencontres se sont déroulées à huis clos et leur tenue n'aurait pas dû être révélée, mais l'Australie qui les organisées a jugé bon d'en faire état", a-t-elle regretté, sans donner d'autres détails. Ces échanges ont eu lieu dans le cadre d'une...