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Liban

L’opposition insiste sur la 15-10-5, la majorité propose plusieurs formules

Rien n'a pratiquement changé dans la logique soutenant le discours politique au lendemain de la seconde tentative de formation du gouvernement. Si l'opposition continue de réclamer le maintien de la formule 15-10-5 et la possibilité de nommer ses propres ministres sur base du quota de portefeuilles qui lui seront accordés, la majorité, de son côté, laisse entendre que la porte est ouverte devant un éventuel changement de l'équation chiffrée, la formule 15+10+5 n'étant pas la seule qui sera retenue.
C'est ce qu'indique notamment le ministre des Finances sortant, Mohammad Chatah qui, lors d'un entretien accordé à la chaîne MTV, a affirmé que le Premier ministre désigné, Saad Hariri, « pourrait aussi bien revenir à la formule 15-10-5, qu'envisager une autre ». Il a assuré cependant que M. Hariri n'optera pas pour un gouvernement monochrome, et qu'il ne constituera pas un gouvernement purement majoritaire, « quand bien même la Constitution lui permet de le faire ». Au cours de l'entretien, le ministre a indiqué que la constitution du gouvernement se fera « conjointement » avec le chef de la majorité et le chef de l'État, et ce, « dans le respect de la Constitution, des pactes et de la réalité libanaise ». La composition du gouvernement sera en outre « le fruit de la conviction des deux personnes concernées, selon une formule d'entente qui puisse bénéficier d'une crédibilité et d'une confiance, sans qu'elle soit nécessairement conditionnée par une équation définie à l'avance », a-t-il encore dit.
Évoquant les consultations parlementaires que le Premier ministre désigné entamera jeudi prochain, M. Chatah a estimé qu'« il est normal qu'il soit plus attentif à l'avis des uns et des autres et qu'il pose plus de questions qu'avant relatives au gouvernement et à certains principes qui s'y rapportent ». Selon lui, il doit aller « encore plus loin et être à l'écoute non seulement pour recueillir les propositions en termes de noms et de portefeuilles, mais également sur des questions fondamentales sur lesquelles il doit nécessairement recueillir les avis ».

Bou Faour
À son tour, le ministre Waël Bou Faour, membre du Rassemblement démocratique, a appelé les forces politiques en présence - « notamment celles qui ont placé des conditions rédhibitoires » lors du premier round de formation du gouvernement - « à faire preuve devant l'opinion publique libanaise d'intégrité et d'objectivité, en délaissant les calculs régionaux ».
Évoquant la situation régionale, il a indiqué que le Liban « fait face à un difficile processus qui risque de se prolonger. Par conséquent, a-t-il ajouté, « il n'est pas permis, par respect de l'opinion publique libanaise, de lier la formation du gouvernement aux éventuels résultats qui découleraient des compromis, accords ou même crises qui peuvent avoir lieu sur le plan de la région. »
« Nous avons été élus en tant que députés pour préserver les intérêts du peuple libanais et non l'intérêt d'un État quelconque dans la région », a-t-il dit.

Amal
Le secrétaire général du Bloc de la libération et du développement, le député Anouar el-Khalil, a indiqué que son bloc n'a pas nommé un substitut au Premier ministre désigné, Saad Hariri, afin qu'« il ne soit pas accusé de chercher à approfondir les divisions politiques dans le pays ». « Le fait que nous n'avons pas nommé quelqu'un d'autre est un pas important en vue de combler le fossé entre l'opposition et le Premier ministre désigné, d'autant que l'opposition dans sa majorité a exprimé sa disposition à traiter avec sérieux avec Saad Hariri pour la formation d'un gouvernement d'union nationale capable de réagir positivement face aux grands dossiers dangereux qui nous attendent », a indiqué M. el-Khalil.
« Le Bloc du développement et de la libération (...) considère que le Premier ministre désigné est le plus sérieux et le plus capable de former un gouvernement d'union nationale. Nous sommes disposés à traiter avec cette nouvelle désignation avec la plus grande coopération, et ce, sur la base de la formule convenue, la 15+10+5. »
Pour sa part, le député du même bloc, Yassin Jaber, a déploré le fait que cela fait « quatre mois que nous tentons de mettre sur pied un gouvernement ». « Malheureusement, les Libanais ont échoué », a-t-il dit en espérant qu'il puisse y avoir une nouvelle percée jeudi prochain, date du début des consultations qui seront effectuées par M. Hariri. Le député a espéré que ces consultations pourront avoir lieu dans une certaine discrétion et loin des projecteurs de la presse et des rumeurs. Pour lui, ce qui importe le plus est de « recommencer là où s'est arrêté le processus, et de procéder à la répartition des portefeuilles de manière qui soit acceptable de tous, en laissant la possibilité à chaque camp de nommer ses propres ministres comme il l'entend, et cela en concertation bien entendu avec le chef de l'État, Michel Sleiman, et le Premier ministre désigné ».

Boutros Harb et Taëf
Dans une entrevue accordée à Futur News, le député Boutros Harb a estimé que « l'accord de Taëf n'a jamais été appliqué à ce jour. Il n'a pas été appliqué durant la présence des Syriens, et même après leur retrait. Désormais, nous faisons face à une nouvelle situation au Liban, à savoir l'introduction d'un élément non démocratique sur la scène libanaise », a-t-il dit.
Selon le député, la non-application du texte fondamental a conduit à la consécration de coutumes et de traditions constitutionnelles qui modifient la teneur de Taëf, « comme cela s'est vu à Doha. Ce qui s'est passé à Doha, est contraire aux clauses de Taëf », a-t-il dit.
M. Harb a ainsi estimé que la répartition des portefeuilles entre la majorité et la minorité est « anticonstitutionnelle. Quant au gouvernement de coalition ou d'union nationale qui a été formé, il porte atteinte au régime démocratique parlementaire, dont le principe est l'existence d'une majorité et d'une opposition. De même que la répartition préalable d'un certain nombre de portefeuilles définis à l'avance en faveur de la majorité ou de l'opposition est également anticonstitutionnelle, puisqu'elle réduit les prérogatives du chef de l'État et du Premier ministre », a-t-il dit.
Le député a en outre considéré le fait d'accorder au chef de l'État un certain nombre de ministres « comme une violation de la Constitution, ce dernier devant être un arbitre et un catalyseur de la vie politique ». M. Boutros a cependant indiqué qu'il « n'est pas opposé à l'idée d'accorder aux hommes du président plusieurs portefeuilles ministériels ».
Le député FL Antoine Zahra a estimé de son côté que la seconde désignation d'un Premier ministre « a été contrée dès le départ par des conditions placées d'avance par l'opposition, qui, a-t-il indiqué, réclame que les pourparlers puissent reprendre à partir du point où ils s'étaient arrêtés » lors du premier round.
Le député haririen Ahmad Fatfat a indiqué pour sa part qu'il n'y a pas de « formule consacrée » sur base de laquelle le gouvernement sera formé, estimant que la formule 15+10+5 est « l'une des formules proposées ».

Rien n'a pratiquement changé dans la logique soutenant le discours politique au lendemain de la seconde tentative de formation du gouvernement. Si l'opposition continue de réclamer le maintien de la formule 15-10-5 et la possibilité de nommer ses propres ministres sur base du quota de portefeuilles qui lui seront accordés, la majorité, de son côté, laisse entendre que la porte est ouverte devant un éventuel changement de l'équation chiffrée, la formule 15+10+5 n'étant pas la seule qui sera retenue. C'est ce qu'indique notamment le ministre des Finances sortant, Mohammad Chatah qui, lors d'un entretien accordé à la chaîne MTV, a affirmé que le Premier ministre désigné, Saad Hariri, « pourrait aussi bien revenir...
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