C'est Georges Abi Saleh qui a ouvert cette session en adressant les remerciements à qui de droit, avant de s'adresser au délégué de la Commission européenne au Liban, Michael Miller, pour le remercier de sa présence, « preuve de l'engagement à promouvoir EuroMed », a-t-il expliqué. Il a ensuite laissé la parole au représentant de Friedrich Ebert Stiftung au Liban, M. Samir Farah, qui a insisté sur le but premier de ces rencontres. « Il faut absolument intégrer les jeunes à la politique et explorer leur potentiel, car nous avons besoin d'eux », s'est-il exclamé, avant de confier aux jeunes présents : « Par le simple fait d'être ici, vous méritez notre confiance. »
C'est ensuite un représentant de la plate-forme EuroMed, Ziad Abdel Samad, qui s'est adressé à eux, rappelant l'échec des différents accords tentés entre l'Europe et les pays méditerranéens, et les encourageant à y remédier. « Ils se sont trompés en pensant que des accords d'association restaureraient une vraie justice sociale, mais nous savons qu'il faut avant tout restaurer l'équilibre et faire prévaloir les valeurs de cette justice sociale. » Il a ensuite fortement incité les jeunes à aller de l'avant : « Vous devez rompre avec la société patriarcale qui vous oppresse afin de vous lancer dans un dialogue libre et constructif. »
Michael Miller, délégué de la Commission européenne au Liban, a axé son intervention sur la crise économique en la qualifiant de conséquence d'un déséquilibre macroéconomique et de la mondialisation. Il a rappelé les efforts déployés par la Commission européenne pour enrayer cette crise, avant d'énumérer les difficultés auxquelles les pays arabes, et notamment le Liban, devaient faire face. « Dettes, baisse des exportations, baisse de l'argent envoyé de l'étranger... Nous ne croyons pas ceux qui nous disent que le Liban n'a pas ressenti la crise », a-t-il affirmé. Il s'est ensuite penché sur la jeunesse, en expliquant : « Près de 45 % des jeunes Libanais ont essayé d'émigrer, mais ce n'est pas une solution car le Liban doit garder ses capacités. » Il a encouragé les jeunes participants à proposer des mesures strictes « afin d'améliorer le système bancaire et de promouvoir les opportunités de travail ».
C'est finalement Bianca Dormuth, attachée culturelle près l'ambassade d'Allemagne au Liban, qui a clos les présentations en faisant preuve de compassion. « Je suis encore jeune et je peux donc m'identifier à vous, et il est difficile de se retrouver dans une situation où l'on sent que personne n'a besoin de nous, quel que soit notre niveau d'études et de qualification», a-t-elle déclaré.
Rami Khoury a ensuite entamé le cycle de conférences auquel les jeunes ont assisté pendant trois jours avec un discours introductif intitulé « La crise économique globale : comprendre son origine et son impact sur les jeunes ». Il a présenté la crise économique, avant de lancer aux jeunes : « Affirmez votre identité face aux classes dirigeantes âgées qui vous empêchent de réaliser vos ambitions. » Il a décrit une crise autant humaine qu'économique, avant de pousser les jeunes à hausser le ton : « On a vu de nombreuses associations de jeunes activistes voir le jour : ce sont des jeunes qui ont essayé de relever le défi, de s'affirmer à la face du monde. » Affirmant sa foi en la jeunesse, il a adressé un message clair : « Nous devons écouter vraiment les jeunes et nous pencher sur ces questions avec eux, car ils sont les plus honnêtes, les plus transparents et les plus courageux. Ils nous aideront à régler des problèmes qui nous concernent tous. » Les jeunes ont écouté et applaudi avec enthousiasme. Ils attendaient tous beaucoup de ces rencontres, à l'instar de Dima, Laith et Mona venus de Jordanie et de Palestine : « Nous sommes curieux et vraiment optimistes sur le résultat des échanges que nous allons avoir, mais nous ne savons pas si on nous écoutera... soyons optimistes ! »
Tous sont engagés pendant l'année dans des organisations non gouvernementales ou sur une plate-forme de l'organisation EuroMed. Convaincus de la possibilité de changer les choses et bien décidés à trouver des solutions, ils ont entamé cette session avec plaisir, pressés d'en apprendre davantage.


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