Destin contrarié
À l'Euro 2008, la « finale » du groupe C opposait la France et l'Italie. Et le destin des Bleus n'était plus entre leurs mains : il fallait gagner et prier pour que la Roumanie ne gagne pas contre les Pays-Bas dans l'autre match du groupe. Mais l'Italie a battu les Bleus (2-0), les éliminant au terme du premier tour. Depuis samedi soir et le nul contre la Roumanie (1-1), les barrages bouchent l'horizon des Bleus. La qualification directe au Mondial 2010 est devenue aléatoire : les Bleus ne peuvent plus compter que sur eux-mêmes. En gagnant leurs trois derniers matches de qualification, il faudrait ensuite compter en octobre sur une contre-performance de la Serbie (prochain adversaire des Bleus mercredi prochain) contre la Roumanie et/ou la Lituanie. Le vent de l'histoire semble souffler du côté de la Serbie, qui ne jouait pas samedi : si elle gagne mercredi, elle sera directement qualifiée !
Attaque qui patine, défense qui se cherche
Le manque de réussite et de réalisme des Bleus durant l'Euro (1 seul but marqué, 6 encaissés, après un nul et deux défaites) poursuit l'équipe de France. Ils n'ont marqué qu'un but à chaque fois lors de leurs quatre derniers matches de qualification au Mondial 2010. Pourtant, ils comptent dans leurs rangs quelques-uns des meilleurs attaquants du monde, comme Nicolas Anelka (meilleur buteur du championnat anglais la saison passée), Thierry Henry (au 6e rang des buteurs de Liga la saison passée alors qu'il est exilé sur le côté gauche du Barça), sans oublier André-Pierre Gignac (meilleur buteur de L1 la saison passée avec 24 buts) et Karim
Benzema (prédécesseur de Gignac).
Derrière, le tableau n'est pas rassurant, puisque depuis le départ de Thuram en charnière centrale (il avait renoncé de lui-même à jouer le dernier match de poule des Français à l'Euro s'estimant hors du coup), personne ne parvient à s'imposer aux côtés de Gallas. Depuis l'Euro, jamais les Bleus n'ont évolué plus de deux fois de suite avec la même paire de défenseurs centraux. La charnière Gallas-Escudé vient de passer deux matches ensemble, mais Escudé a marqué contre son camp, offrant l'égalisation à la Roumanie. Domenech choisira-t-il de se passer de lui à Belgrade mercredi ?
Erreurs individuelles, la manière sans le résultat
Comme à l'Euro, les erreurs individuelles tombent au plus mauvais moment. Lors du dernier match de poule de l'Euro 2008, Abidal, lancé en défense centrale par Domenech pour remplacer Thuram, avait accroché Toni dans la surface de réparation : exclusion et penalty à la clé dès la 25e minute...
Samedi, c'est donc le malheureux Escudé (lui aussi placé en défense centrale, une malédiction) qui a dévié dans les buts de Lloris une balle roumaine, celle de l'égalisation...
Et comme à l'Euro, quand les Bleus produisent enfin du jeu, ils ne sont pas récompensés. Le football des Bleus avait été plaisant le 13 juin face aux Pays-Bas pour leur deuxième match de poule, après un bien triste 0-0 en ouverture de l'Euro contre la Roumanie : mais au coup de sifflet final, les Oranje avaient balayé Henry et ses partenaires 4 à 1 ! Samedi soir, l'équipe de France a livré une première demi-heure de jeu emballante. Mais elle n'a pas su traduire cette domination au tableau d'affichage, ce qui a fini par peser dans les jambes. L'ouverture du score en début de seconde période par Henry a masqué cette fatigue, qui a resurgi quand Escudé a marqué contre son camp, plombant également - involontairement - le moral de ses partenaires.

