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Lifestyle - Objets Et Histoire

L’indétrônable star de l’art

C'est incontestablement l'œuvre la plus célèbre de la peinture occidentale : la Joconde ou le portrait de Mona Lisa. Mais aussi l'une des plus défigurées : elle a fait l'objet d'innombrables copies et variations, parfois dégradantes, et l'une des moins regardées car le public trop nombreux du musée du Louvre passe devant elle sans pouvoir s'attarder pour la contempler. L'historien André Chastel a résumé cette situation paradoxale en surnommant l'œuvre « l'illustre incomprise ». Depuis des siècles, les hypothèses sur le plus célèbre tableau du monde abondent : est-ce un autoportrait travesti de l'artiste ? Le portrait de sa mère ou encore de Catherine Sforza, princesse de Forli (XVe siècle) ? Mais la tradition veut qu'il s'agisse de Mona Lisa, l'épouse du gentilhomme italien Francesco del Giocondo, donc la Gioconda : la Joconde. L'émouvante beauté de la Joconde ne tient pas seulement à son attitude ambiguë, entre abandon et réserve, ou à son sourire mythique qui, selon des chercheurs de l'Université d'Amsterdam, traduit à 83 % le bonheur, 9 % le dédain, 6 % la peur et 2 % la colère, et sème le trouble chez le spectateur, mais elle est aussi le résultat d'une technique parfaite qui assure la fusion du modèle avec un paysage fantastique baigné d'une lumière dorée. Ce procédé chromatique est nommé sfumato... Cette œuvre fut commencée entre 1503 et 1506 puis apportée d'Italie en France par Leonard de Vinci lui-même. À la mort du peintre, elle fut acquise par François Ier et passa en 1792 des collections royales françaises au musée du Louvre. Sa première traversée de l'Atlantique et son séjour à New York en 1963, lors duquel elle rencontre John Kennedy, renforce sa popularité.
Ce tableau célèbre au point de constituer un véritable mythe a suscité convoitises et haines.
Le lundi 21 août 1911, un gardien du musée du Louvre n'en croit pas ses yeux : à l'emplacement de la Joconde, il n'y a plus rien. Le célèbre tableau a été volé. L'enquête conduit rapidement les policiers chez le poète Guillaume Apollinaire. Celui-ci vient de restituer des statuettes phéniciennes dérobées au Louvre quelques années plus tôt. Il affirme qu'elles lui ont été données par un certain Gery Pierret et qu'il en ignorait jusqu'à l'origine. Le poète ne serait-il pas le voleur du tableau ? D'autant que, ami des peintres modernes, il a un jour déclaré qu'il fallait brûler la Joconde. La police le jette en prison, avant de l'innocenter une semaine plus tard : fausse piste. Pendant deux ans, le mystère reste entier. Une forte récompense est proposée par les amis du Louvre à qui apporterait un indice. En 1913, un antiquaire de la ville de Florence contacte enfin la police : un homme dit vouloir lui vendre la Joconde, l'homme est arrêté et le tableau retrouvé. Le voleur, Vincenzo Perrugia, un ouvrier italien qui a travaillé à la réfection des salles du Louvre, explique qu'il voulait que la célèbre œuvre retourne dans son pays d'origine, l'Italie. Raté... Le 13 janvier 1957, un Bolivien lança une pierre contre la Joconde, la vitre de protection vola en éclats, la toile fut légèrement endommagée. Démuni d'argent, le vandale avait trouvé le moyen de passer en prison le reste de l'hiver. Parmi les variations sarcastiques qu'a subies ce tableau, celle de l'artiste dadaïste Marcel Duchamp qui publia, en 1920, une version moustachue accompagnée des lettres LHOOQ, devise qui, sous l'aspect cocasse d'une formule chimique, revêtait un sens obscène évident. Si Monalitça ! 
C'est incontestablement l'œuvre la plus célèbre de la peinture occidentale : la Joconde ou le portrait de Mona Lisa. Mais aussi l'une des plus défigurées : elle a fait l'objet d'innombrables copies et variations, parfois dégradantes, et l'une des moins regardées car le public trop nombreux du musée du Louvre passe devant elle sans pouvoir s'attarder pour la contempler. L'historien André Chastel a résumé cette situation paradoxale en surnommant l'œuvre « l'illustre incomprise ». Depuis des siècles, les hypothèses sur le plus célèbre tableau du monde abondent : est-ce un autoportrait travesti de l'artiste ? Le portrait de sa mère ou encore de Catherine Sforza, princesse de Forli (XVe...
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