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Législatives : juin 2009 - Pour aller plus loin

La place des ministres de Joumblatt au cœur des négociations gouvernementales

Saad Hariri de retour, la formation du gouvernement d'entente revient à l'ordre du jour, même si rien n'indique qu'elle est imminente. Car depuis la bombe lancée par le chef du PSP Walid Joumblatt, le Premier ministre pressenti doit répondre à une nouvelle question : la formule si difficilement trouvée de 15-10-5 est-elle encore valable ?
L'opposition affirme que oui, insistant sur le fait qu'il est difficile de s'entendre sur un autre partage politique au sein du gouvernement d'entente, alors que certains piliers du 14 Mars affirment le contraire, arguant du fait que désormais, il faut retirer les trois ministres de Joumblatt de la part de la majorité. Ce qui donne l'équation suivante : 12 pour la majorité, 10 pour l'opposition et grosso modo 8 pour le président de la République. L'équation, selon ces personnalités du 14 Mars, est impensable, car même si l'on compte le ministre sunnite de la part du président, la majorité n'aurait plus au mieux que 13 ministres, autrement dit bien moins que la majorité globale (16 ministres). En d'autres termes, pour ces personnalités, la formule est devenue obsolète et ne correspond plus à la configuration politique issue des élections législatives. Les Forces libanaises ont carrément proposé un gouvernement de technocrates à la place de celui d'union, mais des sources du Courant du futur écartent cette idée en arguant du fait que Saad Hariri représente un courant politique et, par conséquent, il ne peut que former un gouvernement tout aussi politique.
Pour l'opposition, donc, il n'est pas question de remettre en question la formule « magique » de 15-10 et 5, et elle explique que de toute façon, lorsque cette formule a été adoptée, après de longues négociations, l'accord conclu comportait un autre point qui consistait à s'engager à n'adopter aucune décision importante qu'à l'unanimité des voix des ministres. Autrement dit, les chiffres ne sont plus importants, puisque tous les points litigieux devraient faire l'objet d'une entente préalable avant d'être soumis au Conseil des ministres, lequel ne devrait voter que pour les questions mineures, qui de toute façon n'exigent pas les deux tiers des voix des ministres. La question évidente qui se pose alors est pourquoi l'opposition a-t-elle tellement insisté pour que le président choisisse un ministre chiite qui a toute sa confiance, obtenant ainsi un tiers de blocage déguisé, si les chiffres ne sont plus tellement importants ? L'opposition répond encore qu'il s'agit là d'une garantie de plus pour des sujets vitaux qui concernent la résistance contre Israël, dont le principe avait été spontanément proposé par le chef de l'État, et pour que le gouvernement en gestation repose sur le principe de l'entente et des décisions importantes prises à l'unanimité. De toute façon, ajoutent les sources de l'opposition, la majorité n'en est plus réellement une, si on retire les onze députés de Joumblatt. Dans ce cas, la nouvelle configuration gouvernementale reflète aussi le paysage parlementaire politique issu des élections, après le coup d'éclat du chef du PSP.
Pour l'instant, les négociations pour la formation du gouvernement butent sur ce point. Même si des sources proches du Courant du futur affirment que le problème pourrait être réglé par Saad Hariri et Walid Joumblatt. Une des propositions qui circulent serait la suivante : Joumblatt s'engagerait à maintenir ses ministres dans le camp du Courant du futur, tout en les laissant se démarquer des autres piliers du 14 Mars. Certains conseillers suggèrent même à Hariri d'avoir son mot à dire dans le choix des ministres druzes, pour que les noms désignés ne soient pas totalement acquis au chef du PSP. Ils ajoutent qu'il ne faudra pas laisser à Joumblatt la possibilité de rééditer l'expérience de la démission des ministres chiites au sein du gouvernement Siniora, remettant ainsi en cause la légitimité du gouvernement sous prétexte qu'une communauté n'y est plus représentée. Mais Joumblatt ne semble pas prêt à accepter ce genre de marchandage. Selon des sources proches de Moukhtara, il aurait été très clair avec le ministre saoudien de l'Information Abdel Aziz Khoja au cours de leur rencontre la semaine dernière. Ce dernier aurait commencé par exprimer l'étonnement du royaume face aux positions de Joumblatt, et il lui aurait demandé de rester dans l'alliance du 14 Mars. Joumblatt aurait commencé par expliquer ce qui le dérange chez les chrétiens du 14 Mars et comment il a été contraint, pour ne pas briser l'alliance, à prendre sur ses listes des candidats qui n'appartiennent pas à son groupe, et dont certains, qui plus est, ne sont pas forcément appréciés des membres du PSP. Le ministre saoudien aurait insisté sur le fait que le roi Abdallah considère Saad Hariri comme son fils et que Joumblatt devrait le traiter comme tel. Le leader du PSP aurait alors prié son interlocuteur de choisir lui-même les ministres druzes, et il s'inclinerait devant ce choix, ajoutant qu'il ne faut pas lui demander d'agir contre les intérêts de sa communauté ni contre ses convictions. Joumblatt aurait aussi expliqué à son interlocuteur saoudien les raisons de son changement de cap et de son ouverture en direction de la Syrie, qui ne déplaît d'ailleurs pas aux Saoudiens, ayant eux-mêmes pris cette voie depuis le sommet du Koweït au début de 2009. Finalement, le ministre saoudien a arraché à Joumblatt la promesse de rester aux côtés de Saad Hariri, mais il n'est pas question pour lui de s'allier aux chrétiens du 14 Mars, préférant conserver une certaine liberté d'action et de pensée. Le sort du gouvernement reposerait donc en partie sur les résultats de la rencontre Hariri-Joumblatt d'hier, même si, en coulisses, de plus en plus de parties sont convaincues que le véritable nœud est ailleurs, entre Riyad et Damas où le fil ténu de la réconciliation n'a pas encore réussi à réchauffer les relations...
L'opposition affirme que oui, insistant sur le fait qu'il est difficile de s'entendre sur un autre partage politique au sein du gouvernement d'entente, alors que certains piliers du 14 Mars affirment le contraire, arguant du fait que désormais, il faut retirer les trois ministres de Joumblatt de la part de la majorité. Ce qui donne l'équation suivante : 12 pour la majorité, 10 pour l'opposition et grosso modo 8 pour le président de la République. L'équation, selon ces personnalités du 14 Mars, est impensable, car même si l'on compte le ministre sunnite de la part du président, la majorité n'aurait plus au mieux que 13 ministres, autrement dit bien moins que la majorité globale (16 ministres). En d'autres termes, pour ces personnalités, la...