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Culture - Dixième Festival De Freikeh

À l’ombre d’Amine Rihani…

Dans une magnanerie calfeutrée au creux d'une vallée, Mounir Abou Debs, qui eut son heure de gloire entre 1960 et 1974 avec notamment le « Déluge »,  continue avec obstination son chant poétique, au ton monocorde et emphatique, même s'il est suranné et passé de mode...
Une cinquantaine de personnes pour l'ouverture du dixième Festival de Freikeh (annoncée pour 20h30, mais qui démarre à 21h00) placé sous le signe d'Amine Rihani, dont le musée est à proximité de cette magnanerie au jardin délabré.
Pour cette soirée d'inauguration, très simple et frugale, presque entre gens de la région, avec de petites lumières accrochées entre arbres et buissons, une pièce de théâtre en « langue libanaise » (dixit le programme) intitulée À l'ombre des sources, dont le texte et la mise en scène sont signés Mounir Abou Debs. Une pièce hommage à Amine Rihani.
Avec un verbe chargé de poésie et déclamé sur un ton rigide et solennel, six « actants » (Nayla Hajjar, Nazha Harb, Soha Abiraad, Hind Jerji, Sophie Vautour, Tarek Cannich), sous un éclairage rachitique, font vivre, le temps d'un cérémonial invocatoire, de grands pans de la vie d'Amine Rihani. Tout en faisant allusion à ses amis de la diaspora et de la « nahda » (la renaissance culturelle arabe), dont May Ziadé, Mikhaël Neaimé et Gibran Khalil Gibran. Texte sentencieux et contemplatif, truffé d'allusions aux atmosphères vénéneuses de fin du siècle dernier entre éclats de la nuit, jardins de mûriers et citronniers aux fruits dorés...
Mots bleus et mélancoliques pour un monde sonore aux images romantiques, où le théâtre, austère et dépouillé, à l'antique, avec masques, visages sans expressions, grandes draperies sombres et sifflement de vent, est bien plus proche d'un récital de poésie empesé que d'une trame dramaturgique mouvante.
Statique, hiératique, d'une agaçante et prétentieuse lenteur, avec des poses d'acteurs relevant d'un tableau « gibranien », ce théâtre appartient bien plus au passé qu'à une expression moderne.
Pour un texte tendu et bavard, liant les personnalités d'un triumvirat culturel à travers mythes, civilisation ancestrale et prose poétique puisée tous azimuts, notamment dans les frémissements impressionnistes des paysages et de la nature de Freikeh, Mounir Abou Debs cisèle un théâtre maniériste qui n'en dit pas davantage s'il est récité sur un ton baroque, pompeux et grandiloquent.
Comme elles se sont échappées à la nuit, lanternes et cannes de pèlerins à la main, ces voix (surtravaillées), qui invoquent et convoquent les esprits, retournent, sans explication aucune, comme de phosphorescentes pythies d'outre-tombe, à leur royaume d'ombre et de pénombre...
Une cinquantaine de personnes pour l'ouverture du dixième Festival de Freikeh (annoncée pour 20h30, mais qui démarre à 21h00) placé sous le signe d'Amine Rihani, dont le musée est à proximité de cette magnanerie au jardin délabré.Pour cette soirée d'inauguration, très simple et frugale, presque entre gens de la région, avec de petites lumières accrochées entre arbres et buissons, une pièce de théâtre en « langue libanaise » (dixit le programme) intitulée À l'ombre des sources, dont le texte et la mise en scène sont signés Mounir Abou Debs. Une pièce hommage à Amine Rihani.Avec un verbe chargé de poésie et déclamé sur un ton...
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