La réunion hebdomadaire de chaque mercredi entre le président de la République, le général Michel Sleiman, et le chef du Législatif (et par ailleurs leader du mouvement Amal), Nabih Berry a apporté une confirmation aux informations publiées hier dans ces mêmes colonnes, à savoir qu'une entente globale a été conclue entre les différentes factions locales au sujet du profil politique du nouveau gouvernement et que les discussions portent désormais (depuis le début de la semaine) sur le volet « technique » de la gestation du cabinet, c'est-à-dire la répartition des portefeuilles et les noms des ministrables. Cette question avait déjà été examinée dimanche soir au cours de l'entrevue que M. Berry avait eue, à Aïn el-Tiné, avec le Premier ministre désigné Saad Hariri, lequel s'est rendu hier après-midi au palais de Baabda afin de faire le point de la situation avec le président de la République, à la lumière des résultats de la réunion matinale entre le chef de l'État et M. Berry.
À sa sortie du palais de Baabda, en milieu d'après-midi, M. Hariri a apporté une nouvelle confirmation à l'optimisme ambiant, perceptible dans tous les milieux depuis dimanche soir. « Au terme d'un mois d'un dialogue sérieux avec le président de la République et les blocs parlementaires, la formule ministérielle a été quasiment mise au point, a-t-il déclaré. Nous œuvrerons avec le même sérieux pour ce qui a trait à la distribution des portefeuilles et les noms (des ministrables). Nous aboutirons ainsi à un gouvernement d'union nationale pour faire face aux difficultés auxquelles est confronté le pays. »
Et M. Hariri d'ajouter : « Conformément à la formule retenue, il est clair que toutes les parties participeront au gouvernement. » M. Hariri a précisé sur ce plan un point essentiel : « Chaque faction désignera ses propres ministres. Il s'agira ainsi réellement d'un cabinet d'union et nous œuvrerons avec sérieux et sérénité, et sans doute avec plus de célérité, afin de former rapidement un gouvernement qui puisse redresser le pays. » Interrogé sur le fait de savoir si la formule ministérielle convenue était basée sur l'équation 15-10-5 (15 ministres au 14 Mars, 10 au 8 Mars et 5 au président Sleiman), M. Hariri a éludé la question, réaffirmant sa volonté d'œuvrer « avec sérénité et loin des feux de la rampe ». « J'ai observé le mutisme par le passé et c'est peut-être cette attitude qui a contribué à créer un climat de quiétude dans le pays », a-t-il affirmé avant de souligner que « les Libanais n'ont pas réalisé le volume de travail qui a été accompli, mais des réunions continues ont eu lieu de sorte que nous avons abouti à cette formule ».
La réunion avec Berry
Le volet « technique » de la formation du gouvernement avait été au centre de l'entretien que le chef du Législatif avait eu auparavant dans la matinée au palais de Baabda avec le président Sleiman. Indice significatif qui pourrait donner le ton de la nouvelle phase marquant les tractations en cours en vue de la mise sur pied de la nouvelle équipe ministérielle : le président de la Chambre a souligné qu'il ne voulait pas fixer une échéance précise pour la fin des discussions sur la répartition des portefeuilles, alors qu'il avait affirmé récemment que le cabinet verrait le jour avant la fin du mois en cours.
En tout état de cause, à l'issue de sa réunion avec le président de la République, M. Berry a fait la déclaration suivante : « Ce que je peux dire, c'est que le processus relatif à la formation du gouvernement, de tout gouvernement, débute par une opération politique. Nous pouvons affirmer que cette opération politique est maintenant achevée, c'est-à-dire que ce qui a été convenu est le profil politique du gouvernement qui sera certainement un cabinet d'union nationale. Ce qui a été convenu aussi est la répartition des forces (au sein du gouvernement) ainsi que ce qui se rapporte à la garantie que constituera la présidence de la République ou le rôle de la présidence de la République au sein du gouvernement. Ce qui a été convenu également, c'est l'orientation générale, le programme et le plan d'action du gouvernement en gestation, parallèlement à sa feuille de route arabe et régionale. Toutes ces questions ainsi que les positions relatives aux questions nationales et à la Résistance ainsi que d'autres questions s'inscrivent dans le cadre de l'opération politique (visant à déterminer le profil du gouvernement). Nous sommes parvenus à une entente au sujet de ces questions, ce qui a nécessité un certain temps, qui est resté cependant dans les limites du possible. »
Et M. Berry d'ajouter : « Reste le volet technique, en l'occurrence les noms (des ministrables) et la répartition des portefeuilles. Cet aspect technique pourrait être achevé en un jour, en deux, trois, quatre ou cinq jours. Je ne voudrais pas m'imposer une échéance à ce propos. Ce qui m'importe, c'est de transmettre une assurance (quant à la formation du cabinet). Il ne s'agit pas uniquement d'optimisme, mais il s'agit de l'assurance que nous avons achevé l'aspect essentiel au niveau de la formation du gouvernement susceptible d'assurer la quiétude au Liban, dans le cadre de son environnement arabe et régional. »
Notons que M. Berry a réitéré son diagnostic optimiste concernant le processus de formation du gouvernement au cours de la rencontre hebdomadaire avec les députés qu'il a tenue hier, comme chaque mercredi, au siège du Parlement, place de l'Étoile. Selon les parlementaires qui étaient présents à cette rencontre, M. Berry a répété devant eux ce qu'il avait souligné à sa sortie de Baabda, à savoir que « le cadre général (le profil) du gouvernement a été défini et les discussions portent maintenant sur les noms et la répartition des portefeuilles ». De même source, on précise que M. Berry a également fait état d'une « entente, dans une large mesure, sur les grandes lignes de la déclaration ministérielle ». Le chef du Législatif a estimé en outre que le processus portant sur la détermination des noms et la répartition des portefeuilles ne devrait pas être confronté à des obstacles majeurs.


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