La deuxième moitié du projet YAS, Mirwais Ahmadzaï, est connue pour être l'ex-compositeur du groupe Taxi Girl puis, plus récemment, pour avoir été sélectionné par le magazine Esquire comme l'un des cinq producteurs les plus prestigieux du moment avec Dr Dre ou Timbaland, rien que cela. Il est notamment l'homme derrière lesa trois albums de Madonna entre 2000 et 2005.
C'est après avoir écouté les maquettes de la chanteuse libanaise, que le fameux Mirwais a décidé de partager avec elle le projet YAS. Objectif : effectuer un savant dosage entre de la danse électro-pop occidentale et l'apport de la langue arabe. Elle compose et chante ses propres chansons en arabe. Lui fait ses bidouillages électro, mais il les fait si bien !
Résultat : une musique recherchée, travaillée dans ses moindres recoins et une parole tout aussi méticuleusement choisie, pour ses sonorités, ses tournures et ses accents. Car Yasmine est apparemment une maniaque des mots. Ses phrases sont fluides mais prononcées avec une lenteur calculée, les mots sont suggérés avec les mains, les yeux, l'intonation. Le tout débordant de sensualité. De « mehen », comme on dit en bon libanais. Il en résulte une pop charnelle, expérimentale, ondulante et fascinante qui n'a rien d'une world-music ou de musique dite de « fusion », des labels que Yasmine dit « ne pas aimer ». La brune piquante défend avec passion un album qui risque d'en dérouter plus d'un. Tubes clubbing (Get it right), incursions rap (Coit me), ballades (Ma Rida) ou encore le délicieux Ezza : le tout en libanais, koweïtien, égyptien et palestinien. Avec des mots qu'elle semble être la seule à comprendre.
Demain également
À l'affiche également de cette soirée labellisée « jeune » : un solo piano de Gonzales et le duo Coco Rosie.
Cette soirée, dont le prix est fixé à 60 000 LL, débutera à 20h00, avec Gonzales, auteur, compositeur, interprète de ses morceaux, également pianiste de formation classique et accessoirement producteur pour d'autres chanteurs. Gonzales produit une musique électro-pop volontairement « cheap » et humoristique, un « cabaret dada » avec des textes faussement naïfs et dérisoires, versant parfois dans une parodie de hip-hop. Pour les anecdotes, signalons qu'il interprète les mains de Serge Gainsbourg dans le film Gainsbourg : vie héroïque, de Joann Sfar. Et, ensuite, qu'il vient de battre le record mondial du plus long concert en jouant 27 heures d'affilée.
À 21h30, c'est CocoRosie, un groupe nord-américain de psyché folk, qui prendra la scène. Se partageant entre l'Amérique et Paris, ce duo formé par des sœurs en apparence un peu cintrées (mais fort talentueuses) pratique un mélange de folk - le leur étant qualifié de « freak folk » -, de hip-hop, d'électro et même de classique. Bianca et Sierra Casady, fausses siamoises qui se moquent de tous les genres et de toutes les étiquettes, bâtissent un univers fait de bruits d'eau, de casseroles ou de jouets pour enfants.
À 22h00, place à YAS.

