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Lifestyle - Japon

Les militants antitabac fulminent contre les cafés pour fumeurs

Les ventes de tabac ont chuté de 5 % l'an dernier.

Le Japon a interdit la cigarette dans la plupart des lieux publics, y compris dans la rue, mais les accros à la nicotine ont désormais leurs refuges : les « cafés réservés aux fumeurs ».
Un épais nuage de fumée flotte dans le « Cafe Tobacco » au cœur de Tokyo, rempli d'employés de bureaux et de promeneurs venus tirer quelques bouffées en sirotant un café, une habitude de moins en moins appréciée dans un pays qui a longtemps été considéré comme le paradis des fumeurs.
« De nos jours, fumer est considéré comme quelque chose de mal », explique Tadashi Horiguchi, un des responsables de la société Towa Food Service Co, qui a récemment ouvert son deuxième café pour fumeurs dans la capitale et espère ne pas en rester là. « Nous voulons offrir aux fumeurs une oasis », poursuit-il, alors que les extracteurs d'air aspirent des nuages de fumée bleue dans le café bondé de Shimbashi, un quartier de bars de l'est de Tokyo.
À l'extérieur, un panneau rouge montrant une cigarette allumée attire de plus en plus de clients, environ 600 par jour, à en croire le gérant, Kazuhiro Kawano. « Quand j'ai vu le panneau, je me suis dit que c'était super », raconte Koki Takeda, agent immobilier de 24 ans, un gobelet de café glacé dans une main et une cigarette dans l'autre. « Les Starbucks ont interdit le tabac, et beaucoup d'autres cafés ont seulement conservé quelques sièges pour fumeurs qui sont presque toujours occupés. » « Au moins ici, vous n'avez pas de raison de vous sentir coupable », renchérit le gérant, assis au milieu d'autres fumeurs, tous âgés de plus de 20 ans, comme l'exige le règlement affiché à l'extérieur.
Mais l'apparition de ces îlots de nicotine ne plaît pas à tout le monde. « Le tabac nuit à la santé », rappelle Yosuke Hagimori, du ministère de la Santé. « Nous ne voyons pas d'un bon œil la prolifération de lieux pour fumeurs », ajoute-t-il, précisant toutefois que son ministère n'a aucun pouvoir sur les commerces privés.
Le nombre de fumeurs au Japon est en diminution, mais reste encore élevé par rapport aux autres pays développés, avec quelque 40 % des hommes et 13 % des femmes, selon le groupe Japan Tobacco (JT), autrefois monopole d'État. Le gouvernement n'a jusqu'ici adopté aucune loi pour réellement interdire le tabac et le prix d'un paquet de cigarette est ridiculement bas (300 yens, soit environ 2,2 euros).
La loi sur la promotion de la santé de 2002 encourage simplement les écoles, les hôpitaux, les grands magasins et d'autres lieux publics à prendre des mesures pour protéger les clients du tabagisme passif, mais aucune sanction n'a été prévue pour les contrevenants. Des gouvernements locaux et des institutions ont donc imposé leurs propres mesures antitabac. Les arrondissements du centre de Tokyo ont ainsi interdit ou activement découragé le tabac dans les rues, à l'exception d'endroits bien délimités.
La cigarette a également été exclue l'an dernier de la plupart des taxis de la capitale, ainsi que des gares depuis le début de cette année. Beaucoup de bars, de cafés et de restaurants conservent toutefois des zones pour fumeurs.
Bungaku Watanabe, qui milite au Centre d'information sur les problèmes du tabac, affirme que le taux élevé de fumeurs est lié au fait que l'État possède encore environ 50 % de Japan Tobacco, seul fabricant de cigarettes de l'archipel. Les ventes de tabac ont chuté de 5 % au Japon l'an dernier, mais rapportent encore 3 730 milliards de yens (28 milliards d'euros), selon l'Institut du tabac du Japon.
Le Japon a interdit la cigarette dans la plupart des lieux publics, y compris dans la rue, mais les accros à la nicotine ont désormais leurs refuges : les « cafés réservés aux fumeurs ».Un épais nuage de fumée flotte dans le « Cafe Tobacco » au cœur de Tokyo, rempli d'employés de bureaux et de promeneurs venus tirer quelques bouffées en sirotant un café, une habitude de moins en moins appréciée dans un pays qui a longtemps été considéré comme le paradis des fumeurs.« De nos jours, fumer est considéré comme quelque chose de mal », explique Tadashi Horiguchi, un des responsables de la société Towa Food Service Co, qui a...
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