complémentarité.
« Grande bleue », dans la pleine évocation du terme, chez Fayçal Sultan. Un « Bahrouna » nettement moins lyrique, beaucoup plus « scientifique » et évocateur des microcosmes sous-marins chez Jean-Pierre Watchi.
Le premier reproduit dans ses grands formats à l'acryliques (à part quelques petites toiles carrées) la claire luminosité des Paysages méditerranéens et exprime, par d'amples coups de pinceau, cette vaste étendue de tonalités aigues-marines cernant, comme par mouvements de flots tumultueux, une simple ligne d'immeubles beyrouthins à l'horizon.
Ou encore, au moyen de larges plages de camaïeux de bleus, Fayçal Sultan représente le point de rencontre nocturne entre ciel et mer...
Aux confins du figuratif et de l'abstrait, les œuvres de ce peintre, professeur et critique d'art, natif de Tripoli, célèbrent avec une audacieuse et fraîche inspiration les atmosphères côtières et
méditerranéennes.
Sur toiles libres ou sur métal
« La Méditerranée m'accompagne », indique Jean-Pierre Watchi sur le carton d'invitation de l'exposition. « Elle est ce qui reste en moi des nombreuses civilisations qui se sont succédé et superposées sur ses rivages de dialogues permanents entre peuples d'horizons divers et de croyances différentes venus s'installer dans ce bout de terre qui est le nôtre...», poursuit-il.
La mer comme lieu de vie, d'histoire, construite par couches successives d'éléments variés et disparates pour cet artiste, né dans les années cinquante à Mali, aujourd'hui installé en France. Et qui exprime, dit-il, dans ses huiles sur toiles libres de grande dimension mais encore sur des plaques de métal de format carré son « désarroi en 2003 lors de la préparation des États-Unis de leur entrée en Irak ».
Une angoisse diffuse qui avait fait renaître chez ce plasticien l'envie de peindre, abandonnée vingt ans plus tôt en faveur d'expérimentations photographiques, d'animations et de vidéos numériques réalisées à Paris, Londres, Berlin ou Sao Paolo... Une série intitulée Paintings en était sortie, dont font partie ces Méditerranées. Des toiles au vocabulaire pictural - qui n'est d'ailleurs pas sans évoquer les pixels de la caméra digitale - tout en signes, symboles, éléments divers sur fonds bleus. Des sortes de mosaïques modernes élaborées sur une vision quasi microscopique, sédimentaire et cellulaire de la mer. Avec ses composants naturels et ses décompositions de déchets ! C'est du moins l'impression première que l'on peut s'en faire. Mais d'autres lectures de ces œuvres sont évidemment envisageables...
* Raouché, imm. Majdalani, 2e étage. Horaires d'ouverture : du mardi au vendredi, de 10h00 à 18h00, et les samedis, de 10h00 à 14h00. Tél. : 01/868290.

