Une nuit dédiée à l'amour. L'amour en grandes lettres. Sous les cieux du palais de Beiteddine, plus d'une heure trente de récital qui a envoûté le public venu nombreux, très nombreux, chanter, rêver et partager des instants magiques. Au premier rang, une présence très applaudie, celle du président de la République, Michel Sleimane, et de son épouse ainsi que celle de membres du gouvernement actuel, venus affirmer que les cieux de Beiteddine sont cléments et ouverts à tous.
Vêtue d'un long fourreau blanc au tissu fluide et vaporeux, Amal Maher a interprété certains des meilleurs morceaux de celle qui fut surnommée la « Sett », ou aussi « Kawkab el-Charq ». Également en blanc, le maestro Sahhab donnait une note intemporelle à la soirée. Sur fond d'une structure métallique à l'allure de pyramide, étaient projetés des extraits de la vie d'Oum Kalsoum et des témoignages de personnes qui l'ont connue, ponctuant ainsi en images chaque morceau. Par un rythme plus dynamique, moins langoureux, mais toujours aussi authentique et sincère, Amal Maher et Sélim Sahhab, conduisant avec maestria son orchestre, ont réussi à établir ce lien entre passé et présent, prouvant que l'amour est le seul sentiment durable sur terre.
La dame immortelle
Toujours aussi actuelles, toujours aussi contemporaines et belles, Anta Omri, Siret al-Hob, Kalimat... Autant de flammes éternelles, où chacun pouvait à loisir s'y retrouver. Car «Kawkab el-Charq» s'adressait à tout le monde et parlait à tous les cœurs meurtris. Ses paroles étaient ce soir immortalisées par la voix sublime d'Amal Maher qui n'a pas cherché à faire du mimétisme, mais simplement à rendre un bel hommage à celle qui a le plus et le mieux chanté les ardeurs et la passion.
Parlant tantôt au soleil, tantôt à la lune, les invitant à venir témoigner des nuits d'amour, la jeune interprète égyptienne a ému l'audience qui semblait enivrée de paroles et de musique. Sa voix cristalline pourfendant le ciel, ses divines envolées lyriques ont fait d'Amal Maher une digne messagère auprès des étoiles. Vivement applaudie, ovationnée, dans un dernier geste d'amour, la jeune diva a invité le public à se joindre à elle pour rendre un hommage à ce « Hawa » qui signifie à la fois, dans notre belle langue arabe, amour et vent.
Un vent, chargé d'airs gracieux et de belles mélodies, qui enveloppait avec douceur le ciel du Liban.


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