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Les ultraconservateurs iraniens réclament des poursuites contre Moussavi

Mir Hossein Moussavi est la cible du camp ultraconservateur iranien, jeudi, au lendemain de son refus de reconnaître la légitimité du président réélu Mahmoud Ahmadinejad.

Un groupe de députés de l'aile dure du mouvement conservateur exige que la justice engage des poursuites à son encontre en lui imputant les troubles - sans précédent depuis la Révolution islamique de 1979 - qui ont marqué la réélection contestée du chef de l'État le 12 juin.

"Il faut poursuivre en justice ceux qui ont organisé des réunions et des rassemblements illégaux", déclare un de ces élus, Mohammad Taghi Rahbar, dans les colonnes du journal Javan, proche de cette mouvance.

Avec d'autres députés, Rahbar s'apprête selon le quotidien à adresser une lettre à la hiérarchie judiciaire sur les activités de Mir Hossein Moussavi depuis l'élection. Javan ne précise pas combien d'élus soutiennent cette démarche.

Autre signe de la pression croissante sur le chef de file de la contestation post-électorale, la branche étudiante des bassidji, les miliciens islamiques qui ont joué un rôle capital dans la répression des manifestations de rue, a enjoint le parquet iranien de traduire Mir Hossein Moussavi en justice.

Les étudiants bassidji accusent l'ancien Premier ministre des premières années de la Révolution d'avoir "incité ses partisans à descendre dans les rues pour organiser des actions de protestations" et d'avoir "mis en danger la sécurité nationale", rapporte la chaîne iranienne anglophone Press TV.

Les autorités accusent Moussavi d'avoir provoqué les violences en marge des manifestations qui ont fait vingt morts selon le bilan officiel. Le principal rival d'Ahmadinejad à la présidentielle répond que le pouvoir est responsable du bain de sang.

Le modéré Mir Hossein Moussavi et un autre candidat battu, le réformateur Mehdi Karoubi, ont refusé mercredi de reconnaître comme légitime le prochain gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad, dont la victoire a été définitivement entérinée lundi par le Conseil des gardiens, l'instance législative suprême en Iran, avec l'aval du Guide suprême de la Révolution Ali Khamenei.

Preuve que l'opposition n'a pas abdiqué malgré la reprise en main du pouvoir, les attaques et critiques contre le régime se sont multipliées sur internet deux jours après la confirmation de la réélection du chef de l'État ultraconservateur.

Le Front de participation à l'Iran islamique, un parti modéré, a dénoncé un "coup d'État" et l'ancien président Mohammad Khatami, membre du camp réformateur, a réclamé la libération des manifestants arrêtés depuis le vote.

Selon l'agence de presse Fars, sept personnes liées à des groupes "anti-révolutionnaires" ont été arrêtées pour "avoir activement été impliquées dans des émeutes et des troubles" à Téhéran et à Qazvin, ville du nord-ouest du pays.

Le chef de la police iranienne a annoncé mercredi que 1 032 personnes avaient été interpellées durant les troubles et que la plupart avaient été relâchées.

Selon le collectif américain Campagne internationale pour les droits de l'homme en Iran, qui s'appuie sur des informations en provenance du pays, jusqu'à 2.000 personnes parmi lesquelles des figures de l'opposition, des enseignants, des journalistes et des étudiants pourraient être encore en détention.

Un groupe de députés de l'aile dure du mouvement conservateur exige que la justice engage des poursuites à son encontre en lui imputant les troubles - sans précédent depuis la Révolution islamique de 1979 - qui ont marqué la réélection contestée du chef de l'État le 12 juin.
"Il faut poursuivre en justice ceux qui ont organisé des réunions et des rassemblements illégaux", déclare un de ces élus, Mohammad Taghi Rahbar, dans les colonnes du journal Javan, proche de cette mouvance.
Avec d'autres députés, Rahbar s'apprête selon le quotidien à adresser une lettre à la hiérarchie judiciaire sur les activités de Mir Hossein Moussavi depuis l'élection. Javan ne précise pas...