C'est hier qu'ont eu lieu les funérailles poignantes de Zeina el-Miri, mère de cinq enfants dont une fille de 7 mois.
Lors du passage du cortège funèbre près de Dar el-Fatwa, le mufti de la République, cheikh Mohammad Rachid Kabbani, a prononcé un discours. « Zeina el-Miri est notre enfant, et le mal qui l'a touchée nous a touchés à nous tous », a-t-il dit. « Désormais, nous n'accepterons plus de témoigner de la violation de Beyrouth ni du Liban d'ailleurs », a-t-il indiqué à l'adresse des milices armées. Et le mufti de réaffirmer que « notre choix est celui de l'État en premier et dernier lieu, qui seul peut imposer la loi et assurer la sécurité aux Libanais ».
Éplorée, la famille de la défunte a accompagné le cortège jusqu'à la mosquée Kachoukgi où a été récitée la prière à l'intention de la défunte.
Le décès de Zeina el-Miri a suscité un peu partout des réactions de révolte, notamment dans les milieux politiques qui ont unanimement dénoncé les incidents armés qui ont endeuillé la ville.
Parmi les réactions, celle du membre du bureau politique de la Jamaa islamiya, Assaad Harmouche, qui, dans un communiqué, a indiqué que « les milices ont cherché sciemment à recréer la scène mortelle du 7 mai 2008 et la zizanie confessionnelle qui s'est ensuivie. Elles s'en sont prises à la sécurité des citoyens, à leur vie et à leurs biens, en commettant des agressions qui ont laissé de lourdes conséquences sur l'unité nationale et remis en question le règne de la loi et de l'État de droit ». À l'instar de plusieurs responsables, M. Harmouche a appelé l'armée libanaise et les services de l'ordre à « frapper d'une main de fer les contrevenants à la loi ».
De son côté, le Mouvement du peuple a publié un communiqué dans lequel il a réitéré sa requête consistant « à complètement désarmer la capitale ».
Le texte a stigmatisé les événements qu'a connus Beyrouth « que ce soit au cours des affrontements ou lors des tirs de réjouissance » qui avaient failli faire d'autres victimes - allusion à la réélection du chef du Parlement. Le Mouvement du peuple a en outre dénoncé « l'État qui couve les divisions et les nourrit, tout en répandant le fanatisme confessionnel et la haine entre les citoyens, pour ensuite abdiquer de ses devoirs et de ses responsabilités lorsqu'il s'agit de faire appliquer la loi et de faire régner la sécurité », précise encore le texte.
De son côté, la rencontre des associations et personnalités islamiques a condamné, de la bouche de cheikh Sabri Jabiri, les incidents qui ont eu lieu à Beyrouth, et réclamé que les « trois présidences et les responsables politiques et sécuritaires assument leur responsabilité et œuvrent à mettre un terme à la discorde dans la rue ».
Le député du Courant du futur, Hadi Hobeiche, a estimé pour sa part que « les affrontements dans la capitale ont tristement ressuscité dans la mémoire des Libanais les événements sécuritaires du 7 mai 2007, offrant ainsi une mauvaise image de la situation interne libanaise, d'où la nécessité de lever la couverture sur ceux qui contribuent à créer ce climat d'instabilité ». Et le député d'affirmer que « les événements de Aïcha Bakkar ne peuvent en aucun cas constituer un facteur de pression sur le Premier ministre désigné, Saad Hariri, en vue d'obtenir en contrepartie des avantages au sein du nouveau gouvernement ».
Par ailleurs, le ministre de la Défense, Élias Murr, a reçu à son domicile à Rabieh une délégation formée de plusieurs députés de Beyrouth, qui ont évoqué avec lui les récents incidents. À l'issue de leur rencontre, les députés ont publié un communiqué dans lequel ils affirment que la visite auprès du ministre de la Défense s'inscrit dans le cadre d'une tournée globale auprès des responsables, dans le but de tenter de trouver un règlement à la question des bévues sécuritaires continues dans la ville. Dans le communiqué, les députés ont affirmé avoir convenu avec le ministre de la Défense qu'« il ne peut y avoir de sécurité à l'amiable, mais plutôt une sécurité obtenue grâce à une armée qui impose son autorité à tous ».
De son côté, le mufti de la République, cheikh Mohammad Rachid Kabbani, s'est entretenu de la situation avec les députés de Beyrouth Mohammad Kabbani et Nohad Machnouk, et le secrétaire général du dialogue islamo-chrétien, Mohammad Sammak. La réunion a été l'occasion d'évoquer la possibilité de tenir un sommet beyrouthin auquel prendront part les députés de la capitale et plusieurs représentants religieux pour examiner les moyens de sécuriser la capitale.
Par ailleurs, et dans le cadre de leurs rencontres périodiques de coordination, le Hezbollah et le Parti socialiste progressiste ont tenu une réunion au cours de laquelle ils ont évoqué les récents développements et discuté des moyens de préserver le calme et l'entente entre les différentes parties en présence.


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